Un calendrier et des coûts qui dérapent

2004 : Feu vert donné à l’EPR par le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin
EDF avait à l’époque prévu 5 ans de travaux et un raccordement au réseau de RTE, gestionnaire des lignes à haute tension, en 2012
10 avril 2007 : le gouvernement de Dominique de Villepin signe un décret autorisant la construction du réacteur nucléaire de Flamanville
Coût du projet : 3,3 milliards d’euros.
Le directeur de la division ingénierie nucléaire d’EDF d’alors, Bernard Salha, estime qu’« il n’y a pas ou peu de risque de dépassement budgétaire car tous les grands contrats ont déjà été finalisés » avec les sous-traitants.
La mise en service du réacteur est prévue pour 2012, à l’issue d’une année de test
décembre 2007 : Début des travaux
2008-2009 : « léger » retard et « petit » surcoût
(Coût: 4 Mds d’euros – Fin prévue du chantier : 2013)
Après une suspension des travaux en 2008 suite à des anomalies sur certaines armatures en fer, puis d’autres liées à la structure en béton, des sources internes chez EDF confirment, en 2009, un retard dans le chantier : l’ouverture de l’EPR est repoussé d’un an. La facture, elle, augmente de 20 %.
2010 : Officialisation d’un retard de deux ans
(Coût : 5 Mds d’euros – Fin prévue du chantier : 2014-2015)
2011 : Accidents, procédures de sécurité et intempéries
(Coût : 6 Mds d’euros – Fin prévue du chantier : 2016)
C’est une année noire pour le nucléaire. Outre la catastrophe de Fukushima, au Japon, qui ravive les craintes liées à l’atome, le chantier de Flamanville tourne au cauchemar : en janvier, un ouvrier est tué sur le chantier, qui est stoppé pendant neuf semaines. Un autre décédera en juin. S’ensuivent de nouvelles procédures de sécurité qui retardent la construction de neuf mois supplémentaires. Le chantier perd également deux mois à cause des intempéries. On parle désormais d’une inauguration en 2016.
2012 : La facture grimpe
(Coût : 8,5 Mds d’euros – Fin prévue du chantier : 2016)
Si le chantier progresse de nouveau, EDF annonce en décembre que les retards accumulés les années précédentes ont fait augmenter la facture de 2,5 milliards d’euros.
Conséquence : le groupe italien Enel, partenaire d’EDF pour la construction de l’EPR, jette l’éponge.
2014 : Difficultés dans la livraison d’équipements
(Coût : 8,5 Mds d’euros – Fin prévue du chantier : 2017)
Après plusieurs mois d’accalmie, le chantier connaît fin 2014 des « difficultés » avec la livraison de certains équipements. EDF annonce que « le démarrage de l’installation est désormais prévu en 2017 ». De nouveaux surcoûts sont attendus.
2015 : Anomalie très sérieuse et ajustements de travaux
(Coût : 9 Mds d’euros – Fin prévue du chantier : 2018)
Coup de théâtre le 19 avril : l’ASN a repéré une « anomalie sérieuse voire très sérieuse » sur la cuve du réacteur de Flamanville. Le président de l’ASN, Pierre-Franck Chevet, indique qu’« il faudra qu’on ait une conviction forte, une quasi-certitude, une conviction absolue » sur la fiabilité de ce « composant crucial » avant de donner le feu vert à sa mise en service.

Le démarrage de l’installation est désormais prévu au 4ème trimestre 2018, 11 ans après le début des travaux.
Le coût du chantier pourrait être réévalué à 9 milliards d’euros.

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source : article du monde de Loïc Soleymieux

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