Et si un accident nucléaire survenait ? que ferait-on ?

Une création de l’Autorité de Sûreté Nucléaire pour “permettre d’intégrer la gestion post-accidentelle dans un projet de territoire”.

la vidéo “pédago” sur le site mérite le détour !

Lorsqu’on voit la manière dont l’Etat gère actuellement la pandémie de covid, on est légitimement en droit de s’interroger sur ce qu’il adviendrait en cas de catastrophe nucléaire en France.

L’Etat a organisé de longue date sa propre impuissance. Le déshabillage des services publics au nom de l’orthodoxie budgétaire et la privatisation de tout ce qui peut être rentable a porté ses fruits: le système hospitalier est au bord de l’abîme. Les délocalisations et l’externalisation de la production de médicaments en Chine et en Inde a montré un niveau de dépendance vis à vis de l’extérieur à peine imaginable.

Pour masquer leur incompétence et leur impuissance volontaire devant l’ampleur de la pandémie,les pouvoirs publics ont multiplié les mensonges, les inepties et la répression. Ils ont puni l’ensemble de la population en la confinant et laissé les plus fragiles crever dans les ephad. Il n’y a pas d’argent pour l’hôpital mais il y en a pour acheter des drones pour surveiller la population. Durant le confinement, les violences policières se sont multipliées. L’état d’urgence sanitaire a renforcé les pouvoirs de l’exécutif et plus ou moins muselé le parlement.

Conséquences d’économies à la petite semaine et de choix idéologiques, l’économie du pays a été mise à bas avec ce confinement, des déficits insondables ont été creusés et vont être creusés, notamment pour renflouer des entreprises du secteur automobile et aérien qu’il faudra bien faire payer à l’ensemble de la population. Les propositions de l’institut Montaigne sont à cet égard des plus instructives.

Que se passerait-il en cas d’accident nucléaire en France ?

Il ne faut pas oublier que le choix du nucléaire a été imposé à la population, jamais mis en débat. Il repose dès l’origine sur un déni démocratique.

Aujourd’hui, la situation est préoccupante car malgré les nombreux signaux d’alarme et la faillite annoncée de l’industrie nucléaire, ce choix n’est pas remis en cause. Les pantalonnades autour de la réalisation et la mise en service de l’EPR, aussi drôles soient-elles traduisent cette obstination.

Elle constitue évidemment une dérive vers l’inconnu puisque les centrales sont vieillissantes donc a priori moins sures. Leur maintenance dépend en grande partie de personnels sous traitants dont les conditions de travail se sont encore dégradées pendant la pandémie.

Voir l’article de Olivier Soria sur ce sujet sur le site “The Conversation” : nucleaire pendant le confinement un recours massif et illegal à la sous-traitance

Depuis des années, les pouvoirs publics utilisent mensonges et propagande pour faire passer la pilule du nucléaire: inutile d’en faire le florilège.

L’usage de la répression est parfois féroce comme l’enquête récente menée par Mediapart à Bure le montre. On peut se demander si ce territoire n’est pas un laboratoire de la société de demain: population contrôlée, surveillée, gênée dans ses déplacement, sa vie privée etc. Un territoire occupé et géré par les pouvoir public au profit d’une industrie. Une justice aux ordres.

Tout est en place pour une gestion autoritaire et anti-démocratique des suites d’une catastrophe nucléaire en France.

Ce que montre le film de l’Asn fait à la fois frémir et rigoler.

Frémir car l’accident est intégré par le pouvoir. Il peut se produire et alors ?

Le film évoque froidement et calmement une situation totalement anormale. On parle de radiations, d’évacuations, d’interdiction de consommer etc comme si tout cela relevait du normal.

Rigoler car il laisse à penser que tout sera sous contrôle. On a vu à Rouen avec Lubrizol que tout, justement n’était pas sous contrôle, que les pouvoirs publics ont dit et fait n’importe quoi, que l’état d’impréparation face à la catastrophe industrielle était impressionnant !

Ce film ne dit pas ce que sera le pays après la catastrophe: combien de morts, d’irradiés, d’évacués ?
Comment et par qui seront soignées les victimes ?

Qui sera confiné et pendant combien de temps ?

Quelles parts du territoire seront définitivement stérilisées ?

Combien coûtera la catastrophe et qui paiera ?

Mais ce n’est pas grave puisque le pouvoir s’est armé non pas pour gérer les conséquences ingérables d’une catastrophe, mais pour surveiller et punir une population qui risquerait de devenir turbulente !

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