« Avec Bure, nous sommes toutes et tous des malfaiteurs ! »

Article paru dans LundiMatin#151 le 25 juin 2018
LundiMatin151_Bure

Chercheurs, écrivains, chanteurs, poètes, militants, comiques, philosophes, acteurs, réalisateurs, dénoncent l’opération répressive contre les chouettes et les hiboux de Bure

Dénonçant une opération d’intimidation contre les opposant·e·s au projet d’enfouissement nucléaire, des intellectuel·le·s affirment leur solidarité avec les militant·e·s antinucléaires : « Si les chouettes et les hiboux de Bure devaient constituer une association de malfaiteurs, nous en ferions partie. » Parmi ces personnalités : Guillaume Meurice, Clothilde Hesme, Elsa Dorlin, Cyril Dion ou encore Frédéric Lordon.

[Cet appel a été publié simultanément sur Mediapart, Bastamag, Politis, Reporterre et lundimatin.
Plus d’informations et d’articles à venir ce lundi sur lundimatin.]

Les opposant·e·s au projet d’enfouissement des déchets nucléaires de Bure ont récemment fait l’objet d’une vague de perquisitions et d’arrestations sans précédent [1]. Dans le cadre d’une enquête ouverte l’an dernier, une commission rogatoire permet désormais de procéder à des perquisitions, auditions, interpellations de toute personne ayant été en relation, même ponctuelle, avec les opposant·e·s au projet. La tentative pour isoler et transformer ainsi une lutte collective en « association de malfaiteurs » [2] dit bien la volonté de l’État de réduire au silence la résistance contre un projet industriel qu’il cherche à imposer par tous les moyens possibles, alors même que subsistent un grand nombre de risques et d’incertitudes. Pour cela, un juge d’instruction n’a pas hésité la semaine dernière à perquisitionner et mettre en garde à vue un des avocats qui défend les opposant·e·s [3]. Bien que celui-ci ait été relâché – pour l’instant sans charges -, on peut s’inquiéter du procédé qui consiste à priver des militant·e·s de leur défense au moment même où plusieurs d’entre eux·elles faisaient l’objet d’une garde à vue. Continuer la lecture de « Â« Avec Bure, nous sommes toutes et tous des malfaiteurs ! » »

Facebooktwittergoogle_plus

Bure/Cigéo : la démocratie enfouie avec les déchets radioactifs

nucleaire-avenir

Les affirmations de M. Bouillon, président de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), dans sa tribune titrée « Stockage des déchets radioactifs : ne pas se tromper de débat » – Les Echos, 11 juillet 2016 (*) – méritent une sérieuse mise au point.

M. Bouillon prétend pour commencer que le projet Cigéo, qui consiste à enfouir sous terre les déchets radioactifs les plus dangereux, à Bure (Meuse), a pour but de « protéger l’homme et l’environnement de la dangerosité de ces déchets ».

C’est tout à fait faux. Ce projet n’existe que pour une raison : permettre aux industriels de l’atome de prétendre que la question des déchets nucléaires est « réglée », afin de se sentir fondés à… continuer à en produire.

Si encore M Bouillon se désolait de l’existence de l’industrie nucléaire, et demandait son arrêt le plus rapide possible, on pourrait éventuellement croire à sa bonne foi mais, comme d’ailleurs tous les promoteurs de l’enfouissement des déchets radioactifs, il est un fervent pronucléaire.

C’est donc avec le plus grand cynisme que M. Bouillon ose se poser… en défenseur des générations futures, en demandant : « Pourquoi serait-ce à nos arrière-petits-enfants de trouver une solution pour des déchets qu’ils n’ont pas produits ? ».

La vraie question, que l’auteur évite soigneusement de poser, est « Comment a-t-on pu accepter, et accepte-t-on encore, une industrie produisant des déchets qui vont mettre en danger nos descendants pour des centaines de générations ? »

Car, enfouissement ou pas, le problème va rester entier. M Bouillon tente d’ailleurs d’abuser l’opinion en écrivant à propos de ces déchets que « ce serait un pari fou que d’imaginer qu’ils seront toujours en sécurité dans des entrepôts de surface », comme si l’enfouissement réglait miraculeusement le problème.

En effet, une fois enfouis, ces déchets vont continuellement dégager des quantités immenses de chaleur mais aussi de gaz extrêmement dangereux et explosifs comme l’hydrogène, ces processus étant susceptibles de causer un désastre dont les conséquences seraient dramatiques y compris à la surface.

Pour tenter de parer ce phénomène, des infrastructures d’extraction de ces gaz sont supposées fonctionner… pendant des siècles. Il est évident que ce système sera mis en cause par « les aléas de la civilisation (guerres…) comme les éléments naturels » cités précisément par M. Bouillon pour tenter sans rire de justifier l’enfouissement.

Les prétentions des apprentis sorciers de l’atome sombrent même dans le ridicule et le tragique puisqu’un éboulement mortel s’est récemment produit (**) dans le laboratoire censé prouver la fiabilité de leur projet : comment croire que ces pieds-nickelés peuvent construire une installation fiable pour des centaines de milliers d’années ?

Le discrédit du projet Cigéo est enfin absolu lorsque l’on sait que, pour mieux verrouiller le processus, M. Bouillon est à la fois le président du conseil d’administration de l’Andra et le député désigné comme rapporteur de la récente proposition de loi sur l’enfouissement de ces déchets.

Jusqu’alors, les entreprises se contentaient de rédiger en coulisse les amendements, voire les projets de loi in extenso, à charge pour les parlementaires acquis à leur cause (***) de les faire adopter. Désormais, le mélange du genre est total.

Pour finir, il nous faut une bonne fois pour toute récuser le terme de « solution » pour les déchets radioactifs : il n’existe que des options, toutes mauvaises d’ailleurs. Peut-être sera-t-il possible d’en trouver une (un peu) moins mauvaise que les autres, mais seuls des gens ayant décidé ou soutenu l’arrêt du nucléaire pourront être crédibles pour faire ce choix : à défaut, il s’agira toujours de subterfuges pour promouvoir la continuation de l’industrie atomique.

Nous ne pouvons qu’inviter les citoyens, en particulier ceux de l’Est de la France, à se mobiliser en nombre pour soutenir les militants jeunes et moins jeunes, zadistes ou « à l’ancienne », qui tentent courageusement, malgré les coups de matraques et les gaz lacrymogènes, d’empêcher l’enfouissement simultané de la démocratie et des déchets nucléaires.

Stéphane Lhomme
Directeur de l’Observatoire du nucléaire
http://www.observatoire-du-nucleaire.org

(*) http://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/0211111888974-stockage-des-dechets-radioactifs-ne-pas-se-tromper-de-debat-2013549.php
(**) http://www.leparisien.fr/faits-divers/eboulement-mortel-sur-le-site-de-stockage-de-dechets-nucleaires-de-bure-26-01-2016-5486845.php
(***) Souvent en échange de promesses d’embauches pour eux-mêmes ou leurs proches : l’affaire Barroso / Goldman Sachs n’est que l’illustration emblématique de ces pratiques nauséabondes.

Facebooktwittergoogle_plus

WIPP : l’enfouissement à l’épreuve de la réalité

Le 14/02/2014, matières radioactives répandues d'un tambour de stockage endommagé
Le 14/02/2014, matières radioactives répandues d’un tambour de stockage endommagé

Le WIPP ou “Waste Isolation Pilot Plant” (Nouveau-Mexique, États-Unis) est le premier site d’enfouissement de déchets nucléaires en grande profondeur en fonctionnement au monde. C’est aussi un centre “pilote”, co-géré par Areva, présenté comme une vitrine. Quinze ans après sa mise en service, incendie souterrain, accident d’origine inconnue et contamination en surface ont tout bloqué. Oui, l’accident est possible et sa gestion impossible. Le projet CIGÉO à Bure, c’est un WIPP puissance… 1000 (?).

Lire l’article entier ICI.

Facebooktwittergoogle_plus

Scandaleuse contamination radioactive en Allemagne

asse
Dans la colline d’Asse, on voulait montrer combien on savait si bien s’occuper des déchets nucléaires. Mais la réalité est tout autre : les concepteurs allemands de ce site pour l’enfouissement des déchets nucléaires y vivent un cauchemar.

Lire l’article complet ICI

Facebooktwittergoogle_plus

BURE – Liens internet

Facebooktwittergoogle_plus