Offre d’emploi : EDF recherche des plombiers (qualifiés !)

A se demander si l’EPR n’est pas victime d’une malédiction. Ou, plus prosaïquement, si EDF a bien maîtrisé son sujet en lançant le chantier de ce réacteur à eau pressurisée de nouvelle génération, il y a plus de dix ans, sur la centrale nucléaire de Flamanville (Manche).

Mardi, le groupe a annoncé la découverte d’un autre problème de taille, fort susceptible d’entraîner un nouveau retard dans la mise en service – normalement prévue tout début 2019 – de ce qui devait être le fleuron du nucléaire français. Après la qualité de l’acier de la cuve, c’est celle de sa tuyauterie qui pose question : «EDF a détecté des écarts de qualité dans la réalisation des soudures sur les tuyauteries du circuit secondaire principal de l’EPR», a indiqué le groupe, qui a déclaré cet «événement significatif» à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Les soudures, réalisées par l’entreprise Nordon-Ponticelli, «avaient été déclarées conformes» par le groupement des entreprises en charge de la fabrication du circuit, se défausse EDF.

Cette ligne de défense ne convainc pas Yves Marignac, du cabinet Wise-Paris, réputé proche du milieu antinucléaire : «Cette nouvelle anomalie révèle une défaillance systématique sur le poste crucial du contrôle qualité, EDF est en train de perdre une grande partie de sa crédibilité dans sa capacité à garantir les exigences de sûreté.» Le 22 février déjà, l’exploitant avait déclaré un premier problème affectant 66 soudures sur une autre partie du même circuit, une affaire toujours en cours d’instruction par l’ASN. Ce problème faisait lui-même suite aux «anomalies» découvertes en 2015 dans la composition de l’acier de la cuve du réacteur (qui ont conduit l’ASN à demander le remplacement du couvercle de la cuve d’ici 2024).

Le résultat : EDF va devoir réexaminer des centaines mètres de tuyauterie avant de proposer «des actions correctives» à l’ASN. Le groupe prépare les esprits à un nouveau report du démarrage de son EPR normand. Lors d’une conférence de presse téléphonique, Xavier Ursat, le directeur exécutif d’EDF en charge de l’ingénierie et du nouveau nucléaire, s’est refusé à en dire plus : «Il serait extrêmement hasardeux d’évaluer aujourd’hui les délais nécessaires» pour régler ces problèmes de soudure. La facture de Flamanville a déjà triplé, à 10,5 milliards d’euros. Et Areva, rebaptisé Orano, qui tente de terminer la construction d’un réacteur EPR à Olkiluoto, en Finlande, a lui aussi explosé les délais et les coûts. Une bien mauvaise publicité à cette «équipe de France du nucléaire» qui tente d’obtenir à tout prix la construction de nouveaux réacteurs EPR en France et en Inde.

Source : article de Lib̩ration du 10 avril 2018 РJean Christophe F̩raud


Sortir Du Nucl̩aire Р10 avril 2018

Lib̩ration du 10 avril 2018 Рarticle de Jean Christophe F̩raud

Communiqué officiel d’EDF – 10 avril 2018

La cuve – Une défectuosité majeure au cÅ“ur de l’EPR

Article téléchargeable ici

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Incidents & anomalies de la construction de l’EPR

  • Depuis le début de la mise en chantier de l’EPR en décembre 2007, l’ASN, qui contrôle le site deux fois par mois, a relevé des centaines de failles dans la construction, consignées dans des comptes rendus d’inspection

  • 2011 :

    l’ASN dénonce « un manque de compétences, de formation à la culture de sûreté des intervenants » et des « lacunes d’EDF dans la surveillance des sous-traitants »

  • 2011 et 2012 :

    l’ASN pointe des « malfaçons » et des « anomalies » dans les opérations de bétonnage, de ferraillage et de soudage pouvant « porter préjudice à la qualité finale des structures »
    Il est question de trous dans le béton et de nids de cailloux (zone manquant de ciment). Le bétonnage du bâtiment réacteur a même été trois fois suspendu, dont la dernière pendant un an en 2012.

  • 2013 : le dôme du réacteur est endommagé par la chute d’un engrenage
  • 2014 :

    l’ASN révèle que l’acier de la cuve où se produit la fission et la réaction atomique en chaîne, forgée dans l’usine d’Areva sur le site de Chalon Saint-Marcel (Saône-et-Loire), n’est pas conforme aux normes de sûreté. Des microfissures risquent d’apparaître dans cette cuve soumise à la pression et à de hautes températures

  • 2014 :

    problèmes sur les les soupapes de sûreté qui jouent un rôle fondamental en évitant une éventuelle surpression dans le circuit primaire qui contient le combustible nucléaire et où circule l’eau de refroidissement.
    Les essais de qualification menés en 2014 par EDF ont fait état, selon l’IRSN, « d’ouverture intempestive » des soupapes, d’« échec à l’ouverture », d’« échec à la fermeture » ou encore de « risques de fuites de fluide primaire ».

  • Avril 2015 :

    anomalie affectant la cuve de l’EPR de Flamanville :
    Il s’agit d’une anomalie dans la composition de l’acier qui compose la cuve où se produit la fission des atomes, le taux de carbone est trop élevé, ce qui peut entrainer un risque de fissure.

  • Juin 2015 :

    un rapport de rapport de l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire, publié par MédiaPart, pointe des problèmes dans les soupapes de sûreté du circuit primaire : elles permettent de laisser s’échapper la vapeur du pressuriseur, faisant baisser la pression dans le circuit primaire.

  • Juin 2016 :

    anomalie affectant la cuve de l’EPR de Flamanville :
    Il s’agit d’une anomalie dans la composition de l’acier qui compose la cuve où se produit la fission des atomes, le taux de carbone est trop élevé, ce qui peut entrainer un risque de fissure.

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