Description générale :

En France, sur les 56 réacteurs nucléaires en activité qui sont répartis sur 18 sites, la centrale la plus proche de la confluence est celle de Nogent-sur-Seine.
Elle est située sur la rive droite de la Seine, dans le département de l’Aube, en région Champagne-Ardenne. Elle se situe à 50 km au nord-ouest de Troyes et à 105 km au sud-est de Paris.
Par rapport à la confluence, elle est comprise dans le périmètre “Tchernobyl” (rayon de 300 km autour de la centrale nucléaire), à la limite du périmètre “Fukushima” (rayon de 100 km autour de la centrale).

La centrale possède deux réacteurs à eau pressurisée de 1 310 MW chacun.
En 2020, les deux réacteurs ont respectivement 32 et 33 ans (mise en service en 1987 et 1988, 1 et 2 ans après Tchernobyl).
Sachant que la durée maximum prévue au démarrage était de 40 ans, cette centrale nucléaire commence à approcher de sa date de “péremption”, sachant que EDF envisage de prolonger la durée de vie des centrales nucléaires à 50 ou 60 ans.

Le périmètre du Plan Particulier d’Intervention est erronée sur les documents publics d’EDF

Sur le site internet de la centrale nucléaire (https://www.edf.fr/groupe-edf/producteur-industriel/carte-des-implantations/centrale-nucleaire-de-nogent-sur-seine/presentation), il y a une rubrique “Que faire en cas d’accident ?“. On peut y télécharger un document qui indique entre autre le rayon du Plan Particulier d’Intervention (Plan qui décrit l’organisation des secours mis en place par les pouvoirs publics, en cas d’accident dans une centrale nucléaire susceptible d’avoir des conséquences pour la population. Le déclenchement et la coordination des moyens qui en découlent en fonction des circonstances sont placés sous l’autorité du Préfet.)
Le périmètre de ce rayon du Plan Particulier d’Intervention est passé à 20 km pour toutes les centrales nucléaires (suite à l’accident de Fukushima) par une circulaire du ministère de l’intérieur du 3 octobre 2016 adressée aux 18 préfets concernés – ceux dont le département comporte une centrale nucléaire.
Activé en cas d’incident ou accident nucléaire, le rayon du périmètre de sécurité de la centrale de Nogent a été étendu de 10 km cette année. Il englobe désormais 32 communes de Seine-et-Marne contre 6 jusqu’ici.

Trois années auront été nécessaires pour actualiser le PPI de la centrale de Nogent, qui a été réactualisé courant 2019 !
(source : https://www.maire-info.com/risques/confirmation-de-l%27extension-des-ppi-nucleaires-de-10-%C3%A0-20-km-article-20017)
Et malgré ce très long délai d’application d’une décision du ministère de l’intérieur en 2016, sur le document téléchargeable du site internet de la centrale de Nogent-sur-Seine, le périmètre du PPI est toujours indiqué à 10km ! 4 années de retard pour mettre à jour une documentation qui est censé informer les habitants en cas d’accident nucléaire ! (dans le meilleur des cas il s’agit d’une documentation non mise à jour, on n’ose pas imaginer qu’en 4 ans les centrales nucléaires n’aient pas fait passer réellement les PPI de 10 à 20km !)

Le même document erroné se retrouve sur le site de la Commission Locale d’Information (“La CLI à Nogent-sur-Seine a vocation à créer les conditions de l’échange entre l’exploitant et la société civile et s’appuie sur ses membres comme relais d’information“), dans la partie téléchargements : https://www.cli-nogentsurseine.fr/telechargements

à noter que cette erreur se retrouve, en date du 2 septembre 2020, sur les sites des centrales nucléaires de : Golfech, Cruas, Saint Alban, Bugey, et Cattenom.
La palme revenant à Cattenom avec un un document datant de … 2003 !

Il est bien indiqué dans cette plaquette : “Document important- à lire attentivement – et à conserver précieusement !“, cela fait 17 ans…

Risque d’inondation

La centrale de Nogent-sur-Seine se situe dans la plaine inondable de la Seine :

 

et également avec le risque d’inondation par remontée de nappe (montée du niveau de la nappe phréatique jusqu’à la surface du sol) : 

Pour fonctionner correctement, un réacteur nucléaire a besoin d’électricité: le courant sert notamment aux fonctionnements des pompes. Celles-ci assurent le refroidissement de la centrale en tirant de l’eau froide d’une rivière proche de la centrale.
Ce refroidissement est nécessaire, que la centrale soit en fonctionnement ou pas car même si la centrale est à l’arrêt, son combustible continue à produire de la chaleur.

Des diesels de secours des réacteurs en état “dégradés” ou “inacceptable”, selon EDF même

Quand la centrale fonctionne, elle fabrique elle-même le courant nécessaire à l’action des pompes. En revanche lorsqu’elle est à l’arrêt, ce sont les alimentations électriques externes qui prennent le relais. Autrement dit, le bâtiment est raccordé, via des transformateurs, aux réseaux électriques classiques. Ce sont eux qui peuvent être dégradés par l’inondation.
Mais dans ce cas, chaque centrale est équipée de ses propres diesels, capables de prendre le relais le temps de la panne pour fabriquer du courant.
Dans un rapport interne de 2014, EDF lui-même est inquiet de la qualité de ses diesels de secours : voir l’article du journal de l’énergie du 11 mars 2016. En 2014, il a lui même classé la majorité de ses propres diesels en « État dégradé » ou en « État inacceptable » (sur 205 bilans effectués en 2014 : aucun en état “correct, 88 en état “à surveiller”, 90 en état “dégradé” et 27 en état “inacceptable”).
Des centaines d’anomalies “actives” étaient signalées dans ce rapport. Des exemples d’anomalies “actives” : “De nombreux suintements ou fuites d’huile, d’air ou de carburant sur les circuits auxiliaires des Groupes Électrogènes dégradent la fiabilité d’ensemble

Les diesels de secours sont indispensable pour garantir le refroidissement de l’installation en cas de déconnexion du réseau électrique. S’ils tombent en panne, cela peut aboutir à la fusion du coeur du réacteur.
C’est ce qu’il s’est passé le 11 mars 2011 à la centrale de Fukushima au Japon, ou les groupes électogènes de secours n’ont pas redemarré après le passage du tsunami.
Pourquoi ce genre de problèmes sur de tels équipements essentiels à la sécurité n’est-il pas rendu public ?
Privé de système de refroidissement, le combustible fond en quelques heures et le réacteur n’est plus à même de retenir la radioactivité dans son enceinte. C’est l’accident nucléaire majeur.
Cet enchainement de faits a bien failli aboutir à un accident majeur (avec fusion du coeur) à la centrale du Blayais le 28 décembre 1999 suite à la tempête qui a provoqué inondations, coupures d’electricité et coupures de routes (voir article détaillé “Il y a 20 ans, la centrale du Blayais a frôlé la catastrophe)
Dans le cas de la centrale du Blayais, elle avait été construite en zone inondable sans avoir prévu que les digues la protégeant puissent être submergées.
Est-ce que ce risque a été prévu pour la centrale de Nogent-sur-Seine ?
La technologie ne nous protège pas de la nature !

Concentration en carbone trop élevé dans les cuves des réacteurs et dans les générateurs de vapeur

La cuve d’un réacteur et l’enveloppe externe des générateurs de vapeur sont des pièces qui doivent être en “exclusion de rupture”.
Ce principe signifie que la rupture des équipements qui y sont soumis doit être absolument exclue.
Ces pièces doivent présenter une qualité de conception et de fabrication impeccable : si elles venaient à rompre, il n’existerait alors aucune parade pour éviter un accident grave (exemple : fusion du cœur du réacteur)
Or, depuis 2005, l’Autorité de sûreté nucléaire était avertie d’importants dysfonctionnements à l’usine du Creusot qui fabrique les cuves des réacteurs nucléaires. Malgré ses mises en garde répétées, Areva y a lancé en 2006 la fabrication du couvercle et le fond de cuve de l’EPR de Flamanville, et ce alors même que les processus de qualification technique n’étaient pas encore définis.
Alors qu’il y avait toutes les raisons de suspecter que cette cuve comporterait des défauts, Areva n’a consenti à mener des tests sur cet équipement qu’une fois celui-ci définitivement installé dans le réacteur. Sans surprise, ceux-ci ont révélé que le couvercle et le fond de cuve, qui n’ont pas été fabriqués selon les règles de l’art, présentent une concentration en carbone trop élevée, si bien que les caractéristiques requises en termes de résilience ne sont pas atteintes.
Suite à la découverte de ces défauts de fabrication, que Areva a essayé de cacher avec des falsifications de documents techniques, l’ASN a ordonné une revue de détail de toutes les centrales nucléaires.
Il est apparu, suite à ces analyses, que la majorité des réacteurs nucléaires présentaient ces défauts de fabrication, la centrale de Nogent-sur-Seine n’échappant pas à ce risque.

Incidents / Accidents / Anomalies

Liste non exhaustive, basée principalement sur les déclarations à l’Autorité de Sécurité Nucléaire. Elle sera mise à jour régulièrement.
  • Le 2 juillet 2020, le réacteur2 de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine (Aube) est en pleine visite décennale. Des travaux sont en cours et l’échafaudage monté autour du couvercle de la cuve du réacteur doit être modifié. Lors de l’opération, le salarié d’une entreprise prestataire d’EDF a été contaminé au niveau de la main. De la matière radioactive est venue se coller à sa peau et l’a irradiée directement jusqu’à ce que le travailleur quitte la zone nucléaire.
  • Dans 17 centrales nucléaires sur les 19 que compte la France, les tapis recouvrant le sol des vestiaires du personnel, pourtant situés en dehors des zones nucléaires, étaient radioactifs. On ne sait pas depuis combien de temps, ces tapis ne faisaient pas partie de la liste des équipements à vérifier au titre de la propreté radiologique.
  • C’est lors d’une intervention dans le bâtiment du réacteur 2 de la centrale de Nogent-sur-Seine (Aube) que l’incident est arrivé. Le 31 mars 2020, on ne sait pas comment, des poussières radioactives sont venues se coller à la peau du prestataire, au niveau du ventre. Il a été fortement irradié par ces substances avant qu’elles ne soient retirées : il a reçu en une seule fois plus du quart de la dose maximale autorisée sur toute une année pour les travailleurs du nucléaire.
  • Parce qu’EDF n’a pas tenu compte de ses erreurs passées et n’a pas transmis toutes les informations à son fournisseur, l’exploitant a équipé 17 réacteurs de pièces non-conformes. Des pièces sur 2 circuits essentiels, à Belleville (Centre Val-de-Loire), Cattenom (Grand Est), Flamanville (Normandie), Golfech (Occitanie), Nogent-sur-Seine (Grand Est), Penly (Normandie), Paluel (Normandie) et Saint-Alban (Occitanie). Huit sites nucléaires sur les 19 que compte l’hexagone sont concernés, soit près de la moitié.
  • Dans une centrale nucléaire, il est des équipements si importants qu’en cas de panne, le réacteur doit être arrêté. Ce que l’exploitant de la centrale nucléaire de Nogent (Grand Est) n’a pas fait. Face à des difficultés de réparations, EDF persévère et viole les règles d’exploitation.
  • En novembre 2019, 7 réacteurs étaient concernés. EDF vient d’en annoncer 16 de plus. Pour la moitié d’entre eux, les 2 moteurs diesels censés alimenter en électricité les systèmes de sauvegarde des réacteurs sont tellement dégradés qu’ils n’auraient pas résisté à un séisme. L’évènement générique a été classé au niveau 2 de l’échelle INES pour 8 réacteurs de 1300 et 1450 MWe, et au niveau 1 pour 8 autres.
  • Le 20 juin 2017, EDF déclarait un évènement significatif pour la sûreté de niveau 2 affectant les 20 réacteurs de 1300 MWe. En raison de défauts sur les structures métalliques qui supportent les vases d’expansion du circuit de refroidissement et de défauts sur les ancrages des autres matériels auxiliaires des moteurs diesels de secours, l’alimentation électrique des réacteurs nucléaires n’aurait plus été assurée en cas de séisme. Ces défauts viennent à la fois de problèmes de conception génériques à l’ensemble des réacteurs concernés et de problèmes locaux liés à un mauvais état ou à un mauvais montage des ancrages. En octobre 2017, puis en janvier et en avril 2018, l’exploitant a annoncé des “extensions” de cette déclaration, certains réacteurs de 900 MWe étant aussi concernés. Après contrôles de l’ensemble du parc, EDF annonce le 20 novembre 2018 une “mise à jour” de cette déclaration. Puis une seconde en mars 2019. Pas facile de s’y retrouver tant les communications successives sont morcelées, mais au total, sur les 58 réacteurs que compte le territoire français, ce sont entre 44 (selon EDF) et 48 réacteurs (selon l’ASN) qui étaient touchés par ces défauts, à des niveaux plus ou moins grave. La conséquence aurait été une perte d’alimentation électrique en cas de tremblement de terre. Selon la dernière communication de l’ASN, les anomalies sont classés au niveau 2 de l’échelle INES* pour 37 réacteurs et au niveau 1 pour 11. Plusieurs anomalies ont en effet été reclassées par l’ASN par rapport au niveau de classement proposé par EDF (de niveau 1 au niveau 2, et de niveau zéro au niveau 1). Ce qui laisse entrevoir que l’exploitant aurait sous-évalué la gravité des défauts pour plusieurs réacteurs. L’ASN annonce d’ailleurs que de nouvelles anomalies concernant la résistance aux séismes ont été découvertes sur plusieurs réacteurs. Si aucune des communications faites par EDF et par l’ASN ne dresse une vision globale de l’état du parc en liste clairement l’ensemble des réacteurs concernés et le niveau de gravité des anomalies, les 2 annoncent en revanche nettement que toutes les réparations sont terminées.
  • Février 2018, EDF déclarait un évènement significatif pour la sûreté relatif au “risque de blocage de grappe de commande”, ces barres qui sont insérées plus ou moins dans la cuve du réacteur pour en moduler la puissance*. En fait, des blocages s’étaient déjà produits à Saint-Alban sur le réacteur 2 en novembre 2017 et à Belleville sur le réacteur 2 en décembre. Un même blocage s’est produit le 17 août 2018 à Nogent sur le réacteur 1. Ces blocages sont causés par l’usure de pièces – les manchettes thermiques équipant le couvercle de la cuve – qui se rompent et bloquent alors le mécanisme permettant de manœuvrer les grappes. L’exploitant du parc, malgré le fait que ce problème puisse affecter une vingtaine de réacteurs, n’a pas arrêté ses installations pour autant. Les vérifications de l’état d’usure des pièces, dont la méthode n’était au début pas très au point, sont faites au grès des arrêts programmés. L’état du parc ne sera donc pas connu avant la fin du 1er trimestre 2019, soit 1 an et demi après les premiers blocages. En attendant, des “tests de manœuvrabilité” ont quand même été réalisés. Et tous ne se sont pas bien passés**. Le blocage de grappe à Nogent cet été a fait publier à l’Autorité de sûreté nucléaire un nouvel avis d’incident significatif pour la sûreté, générique, le blocage avéré concernant 3 réacteurs et le risque de blocage concernant tous les réacteurs de 1300 MWe.
    Le risque est très sérieux. Les grappes de commande sont des groupes de tiges solidaires et mobiles contenant une matière absorbant les neutrons. Elles permettent de contrôler le niveau de puissance du réacteur grâce à leur insertion dans le cœur du réacteur et de stopper la réaction nucléaire en cas de situation incidentelle ou accidentelle.
  • Suite à une erreur de maintenance datant de la mi août 2018, entre le 22 et le 31 août le cœur du réacteur 2 de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine n’a pas été refroidi comme l’exigeaient les procédures réglementaires. En effet, l’erreur commise a eu pour conséquence de rendre indisponible l’alimentation en eau de secours de la moitié des générateurs de vapeur du réacteur 2. Ce circuit dit “de secours” est utilisé pour alimenter en eau les générateurs en cas de défaillance du système principal, mais il est aussi utilisé pendant les phases d’arrêt et de redémarrage des réacteurs. Or le réacteur 2 est arrêté pour maintenance depuis le 1er juillet 2018. Depuis le 22 août ce système d’alimentation en eau aurait dû être pleinement opérationnel afin que les 4 générateurs de vapeur puissent refroidir correctement le cœur du réacteur 2. C’est ce qu’exigent les spécifications techniques d’exploitations, le recueil des modes opératoires à respecter pour la conduite des installations nucléaires. Mais l’erreur de maintenance commise le 16 août n’ayant été découverte que le 31, le système d’alimentation en eau de secours n’alimentait que 2 des 4 générateurs de vapeur au moment où il était requis, à savoir à compter du 22 août. C’est sans doute ce qui a poussé l’exploitant à présenter sa déclaration d’évènement significatif pour la sûreté comme une simple “Indisponibilité d’un matériel requis”.
  • Moins d’un mois après l’incendie qui a coupé les alimentations électriques du réacteur 2 et valu une nuit blanche à l’Autorité de sûreté nucléaire et à son bras technique l’IRSN, nouvel incident : l’exploitant a manipulé du combustible nucléaire alors que le système de ventilation du bâtiment n’était pas pleinement opérationnel. Le 4 août 2018, en plein rechargement de combustible du réacteur 2, un employé déclare une anomalie sur une machine servant à manipuler le combustible : un câble est dénudé. Ce câble était relié à un bouton d’urgence permettant de basculer la ventilation vers un système de filtres en cas d’accident et de relâchement de gaz radioactifs. Ce système d’urgence permettant la bascule de la ventilation vers les filtres était donc hors service. Or il doit être pleinement fonctionnel lorsque du combustible nucléaire est manipulé dans le bâtiment. Mais l’exploitant n’a pas fait le rapprochement, et a poursuivi le rechargement du réacteur 2 comme si de rien n’était. Il lui aura fallu 2 jours pour comprendre.
  • Un incendie s’est déclenché sur un transformateur de la centrale de Nogent-sur-Seine ce 17 juillet 2018 à 22h. Conséquences : le réacteur 2 a perdu son alimentation électrique externe. “Heureux” hasard, le réacteur était à l’arrêt pour maintenance et le combustible était intégralement déchargé du cœur, stocké dans la piscine du bâtiment combustible. Mais les sources électriques permettant le refroidissement de la piscine ont elles aussi été impactées par l’incendie. L’installation nucléaire dispose de sources d’alimentation électrique de secours : 2 groupes électrogènes à moteur diesel, censés prendre le relai pour éviter toute coupure électrique. Mais au moment de l’incident un seul des 2 diesels était fonctionnel, l’autre était en réparation. Heureusement pour les populations et l’environnement, le diesel de secours en état de marche a tenu bon tout au long de la nuit et a permis d’assurer entre autres le refroidissement de la piscine combustible. Si ce refroidissement n’est plus assuré, il devient impossible d’évacuer la puissance résiduelle dégagée par le combustible nucléaire.
  • Le réacteur 2 de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine s’est arrêté automatiquement ce lundi 4 juin 2018 pour des raisons inconnues des équipes d’exploitation. Un arrêt automatique n’est jamais anodin, puisque ce dispositif de sûreté se déclenche automatiquement lorsqu’une anomalie est détectée. Il s’est avéré qu’il a fait suite à un problème sur le système de contrôle des grappes de commande. C’est le 3ème incident déclaré en seulement quelques jours par l’exploitant du site nucléaire qui n’est qu’à 120 km de la capitale, site que l’Autorité de sûreté pointe du doigt pour ses insuffisances en matière de radioprotection et de préservation de l’environnement.
  • Lors de tests effectués fin avril 2018, l’exploitant de la centrale nucléaire de Nogent a constaté que les signaux de détection d’incendie sur les transformateurs du réacteur 2 ne se déclenchaient pas en salle de commande. L’origine du problème se trouve dans un défaut de câblage, l’erreur a été commise lors de la réfection du système en 2016 et n’a pas été découverte avant. L’Autorité de sûreté nucléaire pointe du doigt la procédure inadaptée de remise en service des équipements de détection incendie après leur modification, l’absence d’essai périodique de ces équipements et la durée pendant laquelle leur surveillance a été dégradée.
  • À Nogent, la salle de commande du réacteur 1 est restée plus d’un mois et demi sans système de filtration d’iode opérationnel. Les équipes ont tout simplement oublié de changer la position d’une vanne de “fermée” à “ouverte” lors du dernier redémarrage du réacteur début novembre 2017. Ce système de filtration d’iode est censé se déclencher automatiquement en cas d’incident, afin de “maintenir des conditions ambiantes compatibles avec le séjour du personnel”. L’erreur empêchait toute mise en marche du système. Elle n’a été découverte que le 23 décembre. Non seulement l’exploitant n’a pas respecté les règles d’exploitation mais en plus il a mis un sacrè bout de temps pour s’en rendre compte ! L’évènement a été déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire le 28 comme significatif pour la sûreté.
  • plusieurs violations des règles générales d’exploitation dénoncée par l’Autorité de Sécurité Nucléaire
  • Le 11 octobre 2017, l’exploitant des centrales nucléaires françaises a annoncé une anomalie générique de niveau 2 : en cas de séisme, les tuyauteries des stations de pompages qui assurent l’apport en eau nécessaire au refroidissement des réacteurs ne tiendront pas. Mal entretenues, corrodées, elles ont perdu en épaisseur, et donc en résistance. Selon l’annonce de l’exploitant 20 réacteurs sont concernés. Mais si on y regarde d’un peu plus près, c’est la moitié du parc nucléaire français qui perdrait totalement ou partiellement la possibilité de refroidir les réacteurs. Quelques jours après l’annonce d’EDF, l’ASN publie un communiqué de presse et l’IRSN une note d’information qui viennent préciser un peu ce qu’a communiqué l’exploitant. En effet, ce sont bien au moins 29 réacteurs qui sont concernés. Et en effet, l’origine du problème vient de la corrosion et de la rouille qui a rongé les tuyaux, de fait d’un manque d’entretien. En cas de perte totale de refroidissement, la fusion de ces réacteurs ne pourra pas être évitée, ce qui s’était passé à Fukushima, avec les conséquences que l’on connait.
  • Communication le 28 août des évènements significatifs pour la sûreté déclarés par l’exploitant nucléaire au cours du mois de juillet 2017. On apprend ainsi le dysfonctionnement du système de régulation de la ventilation des équipements électriques du réacteur 1 est resté non identifié malgré des pannes et des contrôles répétés ; que le transformateur du réacteur 2 est resté indisponible durant plus d’un an en raison d’une poignée de commande mal positionnée ; et que suite à une erreur, l’ensemble des détecteurs incendie du réacteur 2 ont été mis en mode essai, ce qui a bloqué le système de retransmission de ces alarmes incendie en salle de commande.
  • La centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine a publié le 31 juillet 2017 sa lettre d’info mensuelle dans laquelle elle communique sur les actualités du mois de juin. On apprend ainsi, avec presque 2 mois de retard, que 5 incidents ont eu lieu sur le site : 1 significatif pour l’environnement, 4 pour la sûreté.
  • Le 20 juin 2017, un évènement générique concernant la sûreté de 20 réacteurs de 1300 MW a été déclaré au niveau 2. En cas de séisme, les ancrages des diesels de secours ne tiendront pas, provoquant ainsi la perte d’alimentation électrique. Il s’agit à la fois de problèmes de conception génériques et de problèmes locaux liés à un mauvais état ou à un mauvais montage des ancrages des systèmes auxiliaires. Les centrales de Belleville, Cattenom, Flamanville, Golfech, Nogent-sur-Seine, Paluel, Penly et Saint-Alban sont concernées. Quelques mois plus tard, en octobre 2017 l’exploitant annonce que Fessenheim et Bugey sont également touchées par ces défauts. 26 réacteurs sont donc concernés.
  • EDF a déclaré le 28 avril 2017 un évènement significatif de sûreté générique affectant toutes les centrales de palier P’4. Les structures métalliques supportant les vases d’expansion des diesels de secours ultime des 12 réacteurs présents sur les sites de Belleville, Cattenom, Golfech, Nogent-sur-Seine et Penly ne résisteront pas en cas de séisme. Après calcul, le calibre des chevilles de fixation se révèle insuffisant.
  • La dégradation de plusieurs bornes de raccordement électrique a provoqué l’indisponibilité partielle du système de ventilation de la salle des commandes du réacteur 2 pendant près de 4 mois
  • Non-respect des spécifications techniques d’exploitation : Indisponibilité d’une turbine d’alimentation électrique de secours pendant plus de sept jours.
  • Le 26 janvier 2017, une intervention de maintenance sur une turbine d’alimentation électrique de secours est réalisée. Le 28 janvier, une accélération de la turbine plus importante que l’attendu est détectée. Le 30 janvier, un diagnostic complémentaire montre la défaillance d’une pièce mécanique.
  • Le 18 octobre 2016, lors d’un essai périodique, l’exploitant de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine a constaté l’inefficacité d’un filtre du système de surveillance et de contrôle de l’atmosphère du bâtiment réacteur 2. Après analyse il s’avère que ce filtre avait été monté à l’envers lors de la précédente opération de maintenance réalisée le 24 octobre 2013.
  • Le 23 mai 2016 à 19h10, l’unité de production n° 1 de la centrale de Nogent-sur-Seine s’est arrêtée automatiquement.
  • Le 11 mars 2016 à 10h19, l’unité de production n° 2 a été déconnectée du réseau de transport d’électricité suite à l’arrêt de sa turbine.
  • Le 8 octobre 2015, le réacteur n° 2 était arrêté pour maintenance et rechargement de combustible. La mise hors tension pour maintenance d’un tableau électrique alimentant des matériels de surveillance et de contrôle a conduit à l’indisponibilité non immédiatement identifiée de quatre matériels, au-delà de celles affectant déjà différents systèmes pendant cette maintenance. Le cumul d’indisponibilités n’ayant pas été correctement identifié, la conduite associée aux règles de cumul en vigueur n’a pas été respectée.
  • Le 29 avril 2015, le réacteur n° 1 de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine était à l’arrêt pour la réalisation d’activités de maintenance. Dans ce cadre, un intervenant avait pour mission de monter une corde au sommet d’un échafaudage d’environ 10 m de haut. Lors du passage de la corde à un étage supérieur par une trappe d’accès, celle-ci est retombée sur l’intervenant. Les contrôles radiologiques en sortie de zone contrôlée ont détecté une contamination au niveau de son visage.
  • Le 24 avril 2015, une contamination interne a été détectée sur trois salariés (un salarié EDF et deux salariés d’une entreprise prestataire), lors des contrôles systématiques réalisés en sortie de zone nucléaire.
  • Le 16 avril, alors que le réacteur n° 1 de la centrale de Nogent-sur-Seine est en arrêt pour rechargement du combustible et opérations de maintenance, l’exploitant n’a pas respecté pendant 3h26 l’une des conditions d’exploitation de la ventilation du bâtiment combustible.
  • L’unité n° 2 s’est arrêtée automatiquement, le 14 janvier 2015, suite à un défaut sur le réseau de transport d’électricité de la centrale (ligne à haute tension 400 000 volts).
  • Le 16 et le 19 mai 2014, lors de la phase de redémarrage du réacteur n° 1 de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine après son arrêt pour maintenance et rechargement en combustible, la montée en puissance du réacteur a été par deux fois supérieure à la limite fixée par les règles d’exploitation.
  • Le 15 mars 2014, alors que les opérations de rechargement du combustible étaient en cours sur le réacteur n° 2 de la centrale de Nogent-sur-Seine, l’opérateur présent en salle de conduite a effectué un mauvais réglage de l’alarme de surveillance du flux de neutrons.
  • Le 1er février 2014, alors que le réacteur n° 2 de la centrale de Nogent-sur-Seine était à l’arrêt pour le contrôle périodique du fonctionnement des grappes de contrôle participant à la maîtrise de la réaction nucléaire, une alarme du système de surveillance du flux neutronique a été, plusieurs fois, mise hors service de façon inappropriée.
  • Le lundi 23 décembre 2013 vers 16 heures, quatre essieux de l’un des huit wagons d’un convoi de combustibles nucléaires usés sont sortis de la voie en gare de triage de Drancy – Le Bourget (Seine-Saint-Denis).
    Cet incident avait été précédé onze jours avant d’un autre déraillement de wagon, d’acide chlorhydrique derrière lequel se trouvait un wagon de nitrate d’ammonium, (substances présentes lors de la catastrophe d’AZF).
    “Ces deux incidents viennent s’ajouter à la longue liste des 42 incidents dont 22 considérés comme grave par l’Etat le long de ces dernières années, vous ne pouvez pas continuer à faire courir un tel danger aux populations voisines : plus de 30.000 personnes pourraient se trouver en danger de mort en cas d’accident industriel sur le site”, a argumenté le maire de Drancy.
  • Le 4 octobre 2013, lors de contrôles réalisés sur les deux unités de production de la centrale de Nogent-sur-Seine, les équipes en charge de la maintenance des installations ont remarqué que plusieurs vis des pompes assurant le fonctionnement des circuits de secours étaient desserrées.
  • Le 23 septembre 2013, la centrale de Nogent-sur-Seine a déclaré à l’ASN un évènement significatif pour la sûreté portant sur l’utilisation par le système de protection du réacteur de paramètres de calcul de la puissance thermique du réacteur n° 1 non-conformes, ceux-ci n’ayant pas été mis à jour à la suite de l’arrêt pour maintenance du réacteur en septembre 2012.
  • Le 13 décembre 2012, alors que le réacteur n°2 de Nogent-sur-Seine était en arrêt pour visite partielle, l’exploitant a constaté l’arrêt de la mesure du niveau de radioactivité des gaz rejetés à la cheminée du bâtiment des auxiliaires nucléaires.
  • Le 1er septembre 2012, le réacteur n° 1 de la centrale de Nogent-sur-Seine est en cours de redémarrage suite à un arrêt programmé pour maintenance. Lors des opérations de mise en service des générateurs de vapeur (GV), les agents de conduite ont réalimenté en eau le GV n° 1 avec un débit trop important. L’eau froide contenue dans la tuyauterie d’alimentation est entrée en contact avec la phase vapeur déjà présente dans le GV, ce qui a provoqué un choc thermo-hydraulique.
    Le 28 août 2012, lors des essais de vérification du bon fonctionnement de matériels avant le redémarrage du réacteur n° 1 de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine à l’arrêt pour maintenance depuis le 23 juin, l’exploitant a constaté le dysfonctionnement de deux robinets alimentant en vapeur les turbopompes du circuit d’eau d’alimentation de secours des générateurs de vapeur (GV).
  • Démarrage d’un diesel de secours suite à la perte d’alimentation du transformateur auxiliaire de l’unité de production n° 1 sur un réacteur à l’arrêt.
  • Le 17 décembre 2011, le réacteur n°1 de la centrale de Nogent-sur-Seine est en cours de redémarrage à la suite d’un arrêt fortuit survenu le 15 décembre. “Le 23 janvier 2012, à la suite des investigations approfondies, l’exploitant a caractérisé le transitoire subi par le circuit secondaire principal comme une situation exceptionnelle de type « coup de bélier ». L’exploitant a alors procédé à l’arrêt du réacteur n°1 et a communiqué à l’ASN un programme de contrôles pour les tronçons de tuyauteries ayant subi la surpression conformément à l’arrêté du 10 novembre 1999.
    L’ASN considère néanmoins que l’exploitant a fait preuve d’un manque de culture sûreté en ayant déclenché les opérations de contrôle seulement un mois après la survenue de l’incident.
  • la vétusté des installations électriques est particulièrement inquiétantes. Quid des alimentations électriques vitale, comme celles de mise à l’arrêt des réacteurs.
  • Photos impressionnantes de l’accident ayant entrainé la rupture de dalles en bétons

  • Communiqué des autorité de sécurité nucléaires : “Nogent-sur-Seine (Aube) Fonctionnement normal du réacteur 2. Arrêt du réacteur 1 depuis le 13 août pour visite décennale et rechargement en combustible.
    Réacteur 1 : Extraction intempestive d’un assemblage combustible hors du coeur du réacteur lors de l’enlèvement des éléments internes supérieurs de la cuve. Le 19 août, alors que le réacteur était arrêté pour maintenance et remplacement de combustible, un assemblage combustible est resté accroché aux structures internes supérieures de la cuve au cours de leur enlèvement. La cuve du réacteur contient le combustible nucléaire, constitué de 193 assemblages combustibles. Ces assemblages sont maintenus dans la cuve par des structures dénommées “internes inférieurs” et “internes supérieurs”. À l’issue de chaque cycle de fonctionnement, les assemblages combustibles sont déchargés puis entreposés dans la piscine du bâtiment du combustible. Leur déchargement impose, après l’ouverture de la cuve, l’enlèvement des structures internes supérieures. L’ensemble de ces opérations de manutention sont effectuées sous eau, afin d’assurer le refroidissement des assemblages combustibles et la protection radiologique des opérateurs. Le 19 août, alors qu’il procédait à la remontée progressive des internes supérieurs, l’exploitant a constaté qu’un assemblage combustible était accroché à ces matériels. Les opérations ont été arrêtées ; l’assemblage toujours intégralement sous eau est resté suspendu aux internes supérieurs. Il avait été extrait du coeur sur environ 4 mètres, sa longueur totale étant de près de 5 mètres. Aucune émission de produit radioactif n’a été détectée dans le bâtiment réacteur. L’exploitant a néanmoins fait procéder à l’évacuation totale de ce bâtiment et en a interdit l’accès. L’analyse par la DSIN, la DRIRE et l’IPSN des dispositions prévues par l’exploitant est en cours. Compte tenu de l’apparition d’une anomalie susceptible d’affecter l’intégrité d’un assemblage combustible, cet incident, initialement déclaré au niveau 0 de l’échelle INES, a été reclassé au niveau 1 par l’Autorité de sûreté.

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