Lors d’un apéro à la maison ou au café du coin, ou encore à l’occasion d’une rencontre avec Jean Marc Jancovici, Greenpeace vous donne les arguments pour démanteler gratuitement et sans risques de contamination les idées reçues sur les « bienfaits » du nucléaire.
Le nucléaire sabote nos objectifs climat
Construire un réacteur nucléaire prend environ 15 ans. En France, l’EPR de Flamanville a même nécessité plus de 17 ans de travaux. De nouveaux réacteurs ne permettraient donc pas de faire baisser nos émissions au cours de cette décennie cruciale pour le climat, alors même qu’une réduction drastique et massive des émissions de gaz à effet de serre est indispensable, comme le préconisent les scientifiques du GIEC¹.
Le nucléaire freine la transition énergétique
Le nucléaire donne l’illusion d’une énergie « propre » et infinie, qui permet aux gouvernements de justifier leur inaction climatique et de retarder la transition énergétique sans s’atteler aux défis urgents : réduction de notre consommation d’énergie, protection des ressources naturelles et de la biodiversité. C’est un outil de greenwashing qui sert un modèle économique basé sur l’extraction des ressources et la surproduction.
Le nucléaire devient encore plus risqué avec le dérèglement climatique
Les centrales nucléaires nécessitent énormément d’eau pour refroidir leurs réacteurs en permanence. Elles sont vulnérables aux conséquences de la crise climatique : sécheresses, stress hydrique, canicules, augmentation du niveau de la mer, inondations et évènements météorologiques extrêmes. Elles ne sont donc pas adaptées pour fonctionner dans un monde en surchauffe.
La France est dépendante des pays fournisseurs d’uranium
Elle importe la totalité de l’uranium nécessaire au fonctionnement de ses centrales nucléaires (Niger, Kazakhstan, Ouzbékistan, Russie, Canada, Australie…), ce qui la soumet aux aléas géopolitiques. Malgré l’invasion globale de l’Ukraine par la Russie en 2022, des cargos continuent à décharger au port de Dunkerque des cargaisons d’uranium livrées par l’entreprise nucléaire russe Rosatom, contribuant ainsi à financer l’effort de guerre russe.
L’industrie nucléaire française est liée au régime de Vladimir Poutine
Rosatom, entreprise étatique géante du nucléaire russe, occupe la centrale nucléaire de Zaporijia en Ukraine depuis mars 2022. Elle participe à agiter la menace nucléaire contre le peuple ukrainien et européen. Pourtant, la France continue de commercer avec cette entreprise criminelle et lui fournit notamment des technologies de pointe susceptibles d’être utilisées à des fins militaires.
L’influence de la Russie sur la politique énergétique européenne
Il existe 19 réacteurs nucléaires de conception russe en Europe. Ces réacteurs engendrent une dépendance du pays hôte à la Russie sur des décennies, en termes d’exploitation, de maintenance, de finances, de gestion du combustible, voire en termes militaires. Ils sont un outil géostratégique puissant pour Vladimir Poutine.
Un territoire avec de bonnes dispositions
La France bénéficie de
plusieurs régimes de vents
régionaux¹ (comme le mistral
ou la tramontane) et de trois
façades maritimes (Manche,
Atlantique, Méditerranée)
qui réduisent les périodes
de vents faibles sur son
territoire. Sa forte production
hydroélectrique, combinée
à un bon ensoleillement,
facilitent l’objectif du 100 %
renouvelable.
L’intermittence des renouvelables n’est pas un problème
L’essor des batteries stationnaires
(qui fournissent l’électricité
nécessaire au fonctionnement
d’installations fixes industrielles
ou domestiques) dans le
monde montre que le stockage
journalier est une technologie
mature qui permet de stocker
l’énergie en période de forte
production pour la redistribuer
au moment de fortes demandes².
La technologie permettant
le stockage intersaisonnier
est moins mature mais ne
représente que 2 % des besoins.
La décentralisation favorise la résilience
L’éolien et le solaire produisent de l’électricité de façon décentralisée. La guerre en Ukraine illustre le pouvoir de résilience de ces énergies par rapport aux dangers des attaques de sites nucléaires dans le pays. Les renouvelables sont des énergies de paix, de résistance et de résilience. « Vous ne pouvez pas détruire le soleil ! » scandent les Ukrainiens et les Ukrainiennes.
Pas forcément, si on développe leur production chez nous
Environ 95 % des panneaux
photovoltaïques installés
en Europe viennent de
Chine¹. Pour développer son
indépendance énergétique,
la France a adopté en 2024 un
pacte solaire² qui vise à ce que,
d’ici à 2030, au moins 40 % des
nouveaux panneaux solaires
installés sur son territoire
soient produits localement.
Plusieurs usines de fabrication
sont déjà annoncées.
Idem pour l’éolien
96 % des éoliennes terrestres
en France proviennent de
constructeurs européens³.
Longtemps délaissée au profit
du nucléaire, l’industrie éolienne
commence aujourd’hui à
se développer. La France a une
certaine avance industrielle
concernant l’éolien en mer :
elle possède ⅓ des capacités
européennes de production
des turbines, pales et sous
stations électriques.
Beaucoup de mensonges sur leur impact environnemental⁴
590 % des éléments qui composent une éolienne sont recyclables (fondations, mât, nacelle). Seules les pales ne sont pas encore recyclées. Leur enfouissement étant interdit en France, elles sont pour l’instant brûlées pour fabriquer de l’énergie. Des filières de recyclage sont néanmoins en développement⁵. Les panneaux solaires, eux, sont recyclables de 95 à 99 %.
¹ https://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/articles/lindustrie-europeenne-du-solaire-en-difficulte-132091/
² https://presse.economie.gouv.fr/cp-bruno-le-maire-et-roland-lescure-ont-signe-la-charte-solaire-europeenne-aux-cotes-de-22-etats-membres-de-la-commission-europeenne-et-dune-centaine-dindustriels/
³ https://www.france-renouvelables.fr/wp-content/uploads/2024/09/2024_ObsEOL-EncreNous-web_2024-09-14.pdf
⁴ https://www.enercoop.fr/blog/actualites/nationale/les-idees-recues-sur-le-recyclage-des-enr
⁵ https://www.ouest-france.fr/economie/energie/energie-eolienne/environnement-recycler-les-eoliennes-un-defi-en-passe-detre-releve-b8baedd0-2b12-11ee-8171-e75b52a705d4
C’était partiellement vrai avant
Le parc nucléaire historique a été construit à un coût imbattable, notamment parce que les normes de sécurité et de sûreté étaient bien inférieures à celles d’aujourd’hui. Provisions insuffisantes pour le démantèlement et la gestion des déchets, savoir-faire perdu… Il n’est plus possible de construire de nouveaux réacteurs capables de produire de l’électricité à un prix aussi compétitif que celui des renouvelables.
Le coût du risque
Le risque nucléaire, c’est aussi celui de rendre de vastes régions inhabitables ou inutilisables pour l’agriculture, en cas d’accident qui forcerait des centaines de milliers de personnes à fuir, comme à Tchernobyl et à Fukushima. Les centrales nucléaires ne sont pas assurées pour ces catastrophes : ce sont donc l’État et la société qui en assument le coût. Un accident majeur en France pourrait coûter plus de 430 milliards d’euros¹.
Les énergies renouvelables, un coût imbattable
À l’heure actuelle, l’éolien et le solaire sont le moyen le plus rapide et le moins cher de produire de l’électricité dans le monde, ce qui explique leur croissance exponentielle. Aujourd’hui déjà, 80 % des nouvelles installations éoliennes et solaires à travers le monde coûtent moins cher que les énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon…)², et cela va continuer à baisser dans les années à venir.
Faux recyclage et vrais déchets
EDF, opérateur des centrales nucléaires en France, et l’industrie nucléaire entretiennent le mythe du recyclage des déchets via leur filière de « retraitement du combustible usé ». Les opérations de retraitement de l’usine de La Hague permettent de recycler (une seule fois !) moins de 1 % du combustible irradié¹. En outre, ce processus génère de nouveaux déchets radioactifs, dont certains sont extrêmement dangereux.
Le nucléaire est une énergie sale
Fin 2023, 1 128 500 mètres cubes de déchets générés par la production électronucléaire étaient présents sur le territoire, auxquels s’ajoutent des matières radioactives très toxiques comme le plutonium². Il faut ensuite jusqu’à un million d’années pour que les niveaux de radiation de ces déchets reviennent à ceux du minerai d’uranium naturel.
L’injuste héritage radioactif
Quelque 40 à 60 années de production nucléaire ont généré des déchets toxiques pour des centaines de milliers d’années. Il n’existe à ce jour aucune bonne solution pour gérer les déchets radioactifs. Un fardeau pour les générations futures qui n’auront d’autre choix que de vivre avec les risques liés à cet héritage toxique.
L’histoire le montre, le risque zéro n’existe pas
Tchernobyl (Ukraine), Fukushima (Japon), Three Mile Island (USA), Maïak (Russie) : ces accidents nucléaires ont eu des conséquences humaines, environnementales, sanitaires et économiques désastreuses, entraînant le renforcement des mesures de sûreté sur les centrales du monde entier. Mais cela ne sera jamais suffisant car l’énergie nucléaire est intrinsèquement dangereuse et le risque zéro n’existe pas.
De nombreux facteurs de risques
Défaillances de matériel ou erreurs humaines, catastrophes naturelles aggravées par le dérèglement climatique, canicules, sécheresses, inondations, montée des océans, mais aussi conflits géopolitiques, attaques terroristes ou guerres… Les risques pesant sur les centrales nucléaires – et donc sur l’environnement et la population alentour – sont de plus en plus élevés.
La prolongation de la vie des centrales nucléaires, un risque supplémentaire
Le gouvernement français base une partie de sa politique énergétique des 20 prochaines années sur la prolongation de la durée de vie des réacteurs nucléaires après 40 ans. C’est un pari dangereux car cela implique de continuer à utiliser certains équipements fragilisés qui ne peuvent pas être remplacés. En plus d’être un investissement financier gigantesque, cette stratégie augmente largement le risque d’accident.
Préserver nos ressources et vivre dignement
En réalité, il s’agit plutôt de consommer mieux et de gaspiller moins. Pour sortir rapidement des énergies fossiles et préserver nos ressources, nous devons adopter des modes de vie plus économes basés sur la sobriété et l’efficacité énergétiques (comme la rénovation des bâtiments) et développer les énergies renouvelables.
Réduire la consommation et les inégalités
Dans la population mondiale, les 10 % les plus riches consomment 20 fois plus d’énergie que les 10 % les plus pauvres¹. C’est sur cette inégalité qu’il faut agir pour rétablir une justice sociale et énergétique. La priorité doit être d’accompagner les personnes en situation de précarité énergétique pour qu’elles puissent rénover leur logement et y vivre dignement.
L’État possède des leviers d’action considérables
Réduire notre consommation
d’énergie est une question de
volonté politique. Qu’il s’agisse
de sobriété ou d’efficacité
énergétique, l’État n’est pas à
la hauteur². En 2023, les travaux
de rénovation de logements
ont permis d’économiser
7,7 TWh/an, soit 1,7 % de la
consommation des résidences
principales³. Un budget plus
conséquent et un meilleur
ciblage vers les rénovations
performantes permettraient des
gains énergétiques bien plus
importants tout en allégeant
les factures des ménages.
¹ https://www.goodplanet.info/2020/03/17/les-10-les-plus-riches-consomment-20-fois-plus-denergie-que-les-10-les-plus-pauvres/
² https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-info-de-france-inter/l-info-de-france-inter-3143823
³ https://www.notre-environnement.gouv.fr/actualites/breves/article/les-aides-a-la-renovation-energetique-combien-de-logements-quels-gestes
Non, les éoliennes ne vont pas recouvrir nos paysages
Il est possible d’atteindre 100 % d’énergies renouvelables en 2050¹ en s’appuyant d’abord sur la sobriété et l’efficacité énergétiques. Pour cela, le nombre d’éoliennes terrestres doit être doublé par rapport à aujourd’hui. La moitié des éoliennes installées en France sont situées dans les Hauts-de France et le Grand-Est mais de nombreux territoires peuvent encore en accueillir sans dénaturer leurs paysages.
Construire des éoliennes, oui, mais pas n’importe comment
La planification de l’implantation des éoliennes doit être améliorée pour mieux associer les populations locales et limiter les impacts négatifs sur la biodiversité. Les retombées économiques devraient soutenir la transition du territoire en favorisant les énergies citoyennes², plutôt que d’enrichir encore les grands groupes énergétiques qui monopolisent les moyens de production.
Recouvrir le béton et les toitures par des panneaux photovoltaïques
Les toits des bâtiments existants ou les surfaces déjà artificialisées pourraient suffire largement à couvrir tous nos besoins en énergie solaire dans un scénario 100 % renouvelable. Il faut renforcer les obligations pour les installations sur des parkings et favoriser l’installation sur les bâtiments publics, friches industrielles ou hangars agricoles notamment.
Pas de lutte contre la crise climatique sans éoliennes
La menace la plus forte sur la biodiversité, l’agriculture, nos paysages et notre qualité de vie, c’est le changement climatique, pas les éoliennes. Tous les scénarios de transition énergétique (RTE, Ademe…) montrent qu’il est impossible de sortir des énergies fossiles sans développer l’éolien, sur terre comme en mer.
La mortalité des oiseaux due aux éoliennes est globalement faible
Une étude de la Ligue pour la
protection des oiseaux (LPO)¹
montre que la mortalité des
oiseaux due aux éoliennes
est relativement faible lorsque
les projets évitent les secteurs
présentant de forts « enjeux
avifaunes ». Chaque outil
de production d’électricité
a un impact environnemental,
c’est pourquoi l’action étatique
concernant la sobriété
est fondamentale.
Les Françaises et les Français sont plutôt pour
Un sondage réalisé en 2021² montre qu’une personne interrogée sur deux considère les éoliennes comme « plutôt belles » ou « très belles ». De plus, 80 % des personnes interrogées vivant à moins de 10 km d’un parc éolien ont une bonne image de cette énergie, plus que pour le reste de la population française.
La transition énergétique va créer des centaines de milliers d’emplois en France
Aujourd’hui, les secteurs de l’éolien¹ et du solaire² fournissent déjà près de 100 000 emplois directs et indirects en France. La transition énergétique va encore générer de nombreux emplois liés notamment à la rénovation énergétique des bâtiments, l’efficacité énergétique et les économies d’énergie.
Ces emplois sont durables, répartis sur le territoire, non délocalisables et sans risque nucléaire
Contrairement à l’industrie nucléaire qui concentre des emplois autour de quelques centrales, les énergies renouvelables créent des postes répartis sur tout le territoire, renforçant ainsi les économies locales et favorisant une meilleure égalité entre les régions sans risque nucléaire.
Il y aura du travail dans l’industrie nucléaire pendant des siècles
Sortir du nucléaire ne veut
pas dire arrêter cette industrie
du jour au lendemain : le
démantèlement des centrales
en France va nécessiter du
savoir-faire et du temps.
Le casse-tête de la gestion
des déchets va également
nécessiter des emplois pour
de nombreuses années.