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Accueil » Centrale de Nogent-sur-Seine

Situation
Plan Particulier dIntervention
Risques d'inondation
Diesels de secours dégradés
Concentration en carbone
Incidents / Accidents / Anomalies
Situation

Description générale :

En France, sur les 56 réacteurs nucléaires en activité qui sont répartis sur 18 sites, la centrale la plus proche de la confluence est celle de Nogent-sur-Seine.
Mise en service en 1987/1988, elle est située sur la rive droite de la Seine, dans le département de l’Aube, en région Champagne-Ardenne. Elle se situe à 50 km au nord-ouest de Troyes et à 105 km au sud-est de Paris.
Par rapport à la confluence, elle est comprise dans le périmètre « Tchernobyl » (rayon de 300 km autour de la centrale nucléaire), à la limite du périmètre « Fukushima » (rayon de 100 km autour de la centrale).

La centrale possède deux réacteurs à eau pressurisée de 1 310 MW chacun.
En 2020, les deux réacteurs ont respectivement 32 et 33 ans (mise en service en 1987 et 1988, 1 et 2 ans après Tchernobyl).
Sachant que la durée maximum prévue au démarrage était de 40 ans, cette centrale nucléaire commence à approcher de sa date de « péremption », sachant que EDF envisage de prolonger la durée de vie des centrales nucléaires à 50 ou 60 ans.

 

Plan Particulier dIntervention

Le périmètre du Plan Particulier d’Intervention est erronée sur les documents publics d’EDF

Sur le site internet de la centrale nucléaire (https://www.edf.fr/la-centrale-nucleaire-de-nogent-sur-seine/l-exploitation-de-la-centrale-nucleaire-de-nogent), il y a une rubrique « Prévenir et gérer les risques ». On peut y télécharger un document (en cliquant sur « Découvrir les mesures d’urgence ») qui indique entre autre le rayon du Plan Particulier d’Intervention (Plan qui décrit l’organisation des secours mis en place par les pouvoirs publics, en cas d’accident dans une centrale nucléaire susceptible d’avoir des conséquences pour la population. Le déclenchement et la coordination des moyens qui en découlent en fonction des circonstances sont placés sous l’autorité du Préfet.)
Le périmètre de ce rayon du Plan Particulier d’Intervention est passé à 20 km pour toutes les centrales nucléaires (suite à l’accident de Fukushima) par une circulaire du ministère de l’intérieur du 3 octobre 2016 adressée aux 18 préfets concernés – ceux dont le département comporte une centrale nucléaire.
 
 
Activé en cas d’incident ou accident nucléaire, le rayon du périmètre de sécurité de la centrale de Nogent a été étendu de 10 km cette année. Il englobe désormais 32 communes de Seine-et-Marne.
 
Trois années auront été nécessaires pour actualiser le PPI de la centrale de Nogent, qui a été réactualisé courant 2019 ! (source : https://www.maire-info.com/risques/confirmation-de-l%27extension-des-ppi-nucleaires-de-10-%C3%A0-20-km-article-20017) Et malgré ce très long délai d’application d’une décision du ministère de l’intérieur en 2016, sur le document téléchargeable du site internet de la centrale de Nogent-sur-Seine, le périmètre du PPI est toujours indiqué à 10km ! 4 années de retard pour mettre à jour une documentation qui est censé informer les habitants en cas d’accident nucléaire ! (dans le meilleur des cas il s’agit d’une documentation non mise à jour, on n’ose pas imaginer qu’en 4 ans les centrales nucléaires n’aient pas fait passer réellement les PPI de 10 à 20km !)

Le même document erroné se retrouve sur le site de la Commission Locale d’Information (“La CLI à Nogent-sur-Seine a vocation à créer les conditions de l’échange entre l’exploitant et la société civile et s’appuie sur ses membres comme relais d’information“), dans la partie téléchargements : https://www.cli-nogentsurseine.fr/telechargements

à noter que cette erreur se retrouve, en date du 2 septembre 2020, sur les sites des centrales nucléaires de : Golfech, Cruas, Saint Alban, Bugey, et Cattenom. La palme revenant à Cattenom avec un un document datant de … 2003 !

Il est bien indiqué dans cette plaquette : “Document important- à lire attentivement – et à conserver précieusement !“, cela fait 17 ans…

Risques d'inondation

Risque d’inondation

La centrale de Nogent-sur-Seine se situe dans la plaine inondable de la Seine :

et également avec le risque d’inondation par remontée de nappe (montée du niveau de la nappe phréatique jusqu’à la surface du sol) :

Pour fonctionner correctement, un réacteur nucléaire a besoin d’électricité: le courant sert notamment aux fonctionnements des pompes. Celles-ci assurent le refroidissement de la centrale en tirant de l’eau froide d’une rivière proche de la centrale.
Ce refroidissement est nécessaire, que la centrale soit en fonctionnement ou pas car même si la centrale est à l’arrêt, son combustible continue à produire de la chaleur.

 

Diesels de secours dégradés

Des diesels de secours des réacteurs en état « dégradés » ou « inacceptable », selon EDF même

Quand la centrale fonctionne, elle fabrique elle-même le courant nécessaire à l’action des pompes. En revanche lorsqu’elle est à l’arrêt, ce sont les alimentations électriques externes qui prennent le relais. Autrement dit, le bâtiment est raccordé, via des transformateurs, aux réseaux électriques classiques. Ce sont eux qui peuvent être dégradés par l’inondation.
Mais dans ce cas, chaque centrale est équipée de ses propres diesels, capables de prendre le relais le temps de la panne pour fabriquer du courant.
Dans un rapport interne de 2014, EDF lui-même est inquiet de la qualité de ses diesels de secours : voir l’article du journal de l’énergie du 11 mars 2016. En 2014, il a lui même classé la majorité de ses propres diesels en « État dégradé » ou en « État inacceptable » (sur 205 bilans effectués en 2014 : aucun en état « correct, 88 en état « à surveiller », 90 en état « dégradé » et 27 en état « inacceptable »).
Des centaines d’anomalies « actives » étaient signalées dans ce rapport. Des exemples d’anomalies « actives » : « De nombreux suintements ou fuites d’huile, d’air ou de carburant sur les circuits auxiliaires des Groupes Électrogènes dégradent la fiabilité d’ensemble« 

Les diesels de secours sont indispensable pour garantir le refroidissement de l’installation en cas de déconnexion du réseau électrique. S’ils tombent en panne, cela peut aboutir à la fusion du coeur du réacteur.
C’est ce qu’il s’est passé le 11 mars 2011 à la centrale de Fukushima au Japon, ou les groupes électogènes de secours n’ont pas redemarré après le passage du tsunami.
Pourquoi ce genre de problèmes sur de tels équipements essentiels à la sécurité n’est-il pas rendu public ?
Privé de système de refroidissement, le combustible fond en quelques heures et le réacteur n’est plus à même de retenir la radioactivité dans son enceinte. C’est l’accident nucléaire majeur.
Cet enchainement de faits a bien failli aboutir à un accident majeur (avec fusion du coeur) à la centrale du Blayais le 28 décembre 1999 suite à la tempête qui a provoqué inondations, coupures d’electricité et coupures de routes (voir article détaillé « Il y a 20 ans, la centrale du Blayais a frôlé la catastrophe« )
Dans le cas de la centrale du Blayais, elle avait été construite en zone inondable sans avoir prévu que les digues la protégeant puissent être submergées.
Est-ce que ce risque a été prévu pour la centrale de Nogent-sur-Seine ?
La technologie ne nous protège pas de la nature !

Concentration en carbone

Concentration en carbone trop élevé dans les cuves des réacteurs et dans les générateurs de vapeur

La cuve d’un réacteur et l’enveloppe externe des générateurs de vapeur sont des pièces qui doivent être en « exclusion de rupture ».
Ce principe signifie que la rupture des équipements qui y sont soumis doit être absolument exclue.
Ces pièces doivent présenter une qualité de conception et de fabrication impeccable : si elles venaient à rompre, il n’existerait alors aucune parade pour éviter un accident grave (exemple : fusion du cœur du réacteur)
Or, depuis 2005, l’Autorité de sûreté nucléaire était avertie d’importants dysfonctionnements à l’usine du Creusot qui fabrique les cuves des réacteurs nucléaires.
Malgré ses mises en garde répétées, Areva y a lancé en 2006 la fabrication du couvercle et le fond de cuve de l’EPR de Flamanville, et ce alors même que les processus de qualification technique n’étaient pas encore définis.
Alors qu’il y avait toutes les raisons de suspecter que cette cuve comporterait des défauts, Areva n’a consenti à mener des tests sur cet équipement qu’une fois celui-ci définitivement installé dans le réacteur. Sans surprise, ceux-ci ont révélé que le couvercle et le fond de cuve, qui n’ont pas été fabriqués selon les règles de l’art, présentent une concentration en carbone trop élevée, si bien que les caractéristiques requises en termes de résilience ne sont pas atteintes.
Suite à la découverte de ces défauts de fabrication, que Areva a essayé de cacher avec des falsifications de documents techniques, l’ASN a ordonné une revue de détail de toutes les centrales nucléaires.
Il est apparu, suite à ces analyses, que la majorité des réacteurs nucléaires présentaient ces défauts de fabrication, la centrale de Nogent-sur-Seine n’échappant pas à ce risque.

Incidents / Accidents / Anomalies
La liste des incidents/accidents à la centrale de Nogent-sur-Seine est à retrouver ICI.
Liste non exhaustive, basée principalement sur (à noter que sur le site de l’ASN ne sont pas répertoriés les incidents génériques qui affectent plusieurs centrales). Elle sera mise à jour régulièrement (dernière mise à jour le 13/02/2023).
  • 28 mai 2024 – France : Nogent : Erreur de paramétrage, contrôle inefficace et lenteur d’analyse
La surveillance de la puissance d’un réacteur mise à mal par les incompétences d’EDF. Les faits remontent à presque 2 ans. Il aura fallu tout ce temps à EDF pour saisir la profondeur de ses erreurs. À l’été 2022, lors du redémarrage du réacteur 1 de Nogent-sur-Seine (Grand Est), le système qui mesure la puissance de la réaction nucléaire a été mal réglé. Le réacteur est monté en puissance et a fonctionné près de 2 semaines avant que EDF ne s’en rende compte. Les règles qui régissent le fonctionnement de l’installation nucléaire imposent pourtant de remettre en état le système de surveillance de la puissance dans délai maximal de 3 jours. EDF avait alors déclaré un incident à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), mais après une analyse approfondie, effectuée avec l’aide des services nationaux, la direction de la centrale de Nogent vient de comprendre que le délai de détection du mauvais paramétrage était un facteur aggravant.L’histoire commence en juillet 2022. Le réacteur 1 de Nogent est alors à l’arrêt pour changer le combustible qui est dans sa cuve, où est produite la réaction nucléaire. La cuve étant vidée, EDF en profite pour remplacer un des 4 capteurs qui sont placés sur sa paroi extérieur. Ces capteurs permettent de mesurer la puissance et la répartition de la réaction nucléaire (pour garder le contrôle de la réaction nucléaire, celle-ci doit être aussi homogène que possible, être la même partout dans la cuve). La surveillance de la puissance de la réaction produite dans la cuve du réacteur est obligatoire et doit être faite en continu. En cas de problème avec un des capteurs de ce système de mesure (dit RPN ), l’exploitant nucléaire doit mettre en place d’autres moyens de surveillance (notamment effectuer des calculs très régulièrement) et remettre le système en état de marche en moins de 3 jours. Le nouveau capteur est paramétré lors des opérations préalables au redémarrage. Une fois rechargé de combustible, le réacteur redémarre et la puissance de la réaction nucléaire augmente progressivement. C’est une phase particulièrement délicate, car il faut garder le contrôle d’une réaction en chaîne qui est en évolution, ce qui est bien plus complexe que lorsque la réaction est stabilisée. Malgré la sensibilité bien connue de cette étape, les contrôles des équipements censés être effectués lors du redémarrage n’ont pas permis de déceler le mauvais réglage du capteur du système RPN. Ce n’est que 13 jours plus tard qu’EDF procédera à un réglage correct du capteur. Bien après le délai maximal de 3 jours imposés par les règles de sûreté, établies pour éviter les accidents de fonctionnement. Il est possible que l’exploitant ait mené les contrôles obligatoires pour s’assurer du bon fonctionnement de ces équipements en retard, après le redémarrage. Il est aussi possible que le temps de faire les analyses ait été tel qu’il aura fallu près de 2 semaines à EDF pour découvrir que le capteur remplacé avait été mal réglé. Il est aussi possible que l’intervention de paramétrage ait été mal préparée, et que des consignes de réglages aient été définies alors qu’elles n’étaient pas adaptées au matériel installé. Quoiqu’il en soit, le paramétrage du capteur aurait dû faire l’objet d’un contrôle technique juste après l’intervention, pour s’assurer de sa bonne réalisation. Si ce contrôle a été fait, il n’a pas permis de détecter l’erreur de réglage. Dans cet incident, EDF démontre son manque de compétences en terme de contrôles et d’interventions de maintenance. Mais brille aussi par sa lenteur d’analyse et ses difficultés de compréhension. Il faudra près de 2 ans – et l’appui des services nationaux – pour que la direction de la centrale de Nogent saisisse que la détection et la remise en état très tardive (13 jours au lieu de 3 maximum) du système de surveillance de la puissance de la réaction nucléaire étaient problèmatiques. Pour les faits survenus entre le 28 juillet et le 9 août 2022, EDF a déclaré un incident significatif pour la sûreté au niveau 1 de l’échelle INES le 6 mai 2024 à l’Autorité de sûreté. Avec un tel niveau d’incompétences et de réactivité, comment faire confiance à l’exploitant nucléaire pour réagir à temps et correctement en cas de problème ?
  • 25 avril 2024 – France : Anomalie générique : Modifications ratées du cœur de 9 réacteurs
Quand les adaptateurs sont inadaptés et les mesures de températures faussées. L’affaire dure depuis 2 années : en raison d’erreurs lors d’un changement de matériel, les sondes de températures implantées dans le cœur de 9 réacteurs nucléaires n’auraient pas fonctionné ou auraient envoyé des informations erronées en cas d’accident. La température est pourtant un critère essentiel pour qui veut surveiller et contrôler une réaction nucléaire. Le problème vient du serrage (insuffisant) des adaptateurs posés sur les câbles des sondes de température qui sont dans la cuve. Ces poses d’adaptateurs inadaptés sont le résultat d’une modification qui a été implantée sur les réacteurs nucléaires d’EDF. On ne sait pas quand ont été exécutées ces modifications de l’instrumentation qui permet de surveiller la puissance des réacteurs concernés. On ne savait pas non plus quels réacteurs étaient touchés, puisque c’est uniquement lors du changement du combustible nucléaire que les appareils peuvent être examinés. Les vérifications ont donc été faites au compte-goutte. En octobre 2022, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) annonçait que 6 réacteurs, à Belleville (Centre – Val de Loire), Cattenom (Grand Est), Flamanville (Normandie), Nogent-sur-Seine (Grand Est) et Paluel (Normandie) étaient concernés (voir notre article en ligne). EDF ayant depuis avancé dans son planning d’arrêts de réacteur pour rechargement du combustible, l’ASN annonce fin avril 2024 que 3 autres réacteurs étaient affectés des mêmes défauts : le réacteur 1 de la centrale nucléaire de Saint-Alban (Rhône-Alpes), le réacteur 2 de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine et le réacteur 3 de la centrale nucléaire de Cattenom. 6 centrales nucléaires différentes, réparties sur tout le territoire, sont impactées, pour un compte de 9 réacteurs au total (sur 20 du même modèle, soit presque la moitié des réacteurs de 1300 MWe). Les données transmises par ces sondes (dites thermocouples) permettent de surveiller notamment que l’eau du circuit primaire, le principal circuit qui refroidit le combustible nucléaire lorsqu’il est dans la cuve, ne va pas se mettre à bouillir et s’évaporer. On comprend donc l’importance d’avoir ces données, et qu’elles soient fiables. Ce qui rend d’autant plus incompréhensible le fait qu’une erreur aussi basique ait été commise lors de la conception de la modification du système d’instrumentation. Manque de préparation de l’intervention qui a aboutit à des matériels inadaptés ? Manque de vérifications ou contrôles techniques incomplets après l’exécution des modifications ? Est-ce que les problèmes de serrage de l’adaptateur ont été identifiés lors de leur pose mais laissés en l’état, faute d’analyse et de diagnostic technique ? Quelle qu’en soit l’origine, ces adaptateurs inadaptés, ce défaut générique (identique dans plusieurs réacteurs), et les possibles conséquences démontrent un manque de rigueur et d’application de l’exploitant nucléaire, même lorsqu’il s’agit de toucher au cœur de ses réacteurs et aux instruments de mesure les plus fondamentaux. Le communiqué de l’ASN annonce que EDF a enfin terminé de contrôler tous les réacteurs de 1300 MWe qui ont subi cette modification. L’affaire aura donc pris au bas mot 2 années avant d’être mise à jour dans toute son ampleur et résolue. Quoique…Résolue, pas vraiment. L’affaire n’est pas encore tout à fait terminée, puisque tous les adaptateurs n’ont pas été changés. Ils le seront, par des nouveaux modèles permettant un serrage adapté d’ici… une durée indéterminée. Est-ce que EDF va faire plus de contrôles de l’état des câbles en attendant ? Ça, le communiqué de l’ASN ne le dit pas. Combien aura coûté cette petite erreur de conception d’une modification, en argent mais aussi en doses de radiations pour les intervenants ? Là-dessus non plus, pas un mot.
  • 29 décembre 2023 – France : Nogent : indisponibilité d’une alarme associée à la surveillance du flux neutronique du réacteur 1
Le 21 décembre 2023, l’exploitant de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) un évènement significatif pour la sûreté (ESS) relatif au non-respect d’une prescription particulière des RGE du réacteur 1 concernant l’indisponibilité d’une alarme associée à la surveillance du flux neutronique du réacteur.
  • 4 octobre 2023 – France : Nogent : Dépression et confinement
EDF coupe la ventilation trop tôt et dépressurise l’enceinte du réacteur 1 Alors que EDF mettait à l’arrêt le réacteur 1 de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine (Aube), il a coupé la ventilation un peu trop tôt. C’est grâce à ce système, par une différence de pression avec l’extérieur, que les radioéléments peuvent rester confiner dans le bâtiment du réacteur. Tous les réacteurs nucléaires sont entourés d’une paroi en béton qui sert à la fois à contenir une éventuelle explosion mais aussi la radioactivité. À Nogent, cette enceinte de confinement est doublée : elle est composée de deux murs et l’espace entre les deux (dit espace inter-enceinte) est accessible. Des portes sont situées sur les deux parois de cette enceinte pour permettre l’accès au cœur du réacteur. Ces portes doivent rester verrouillées et l’espace inter-enceinte doit être mis en dépression pour assurer le confinement de la radioactivité (la différence de pression avec l’extérieur empêche la sortie des radioéléments qui pourraient s’y trouver et la ventilation est équipée de filtres). Mais pour que ce confinement soit efficace, il faut que les portes soient fermées et que la ventilation fonctionne. Fin août 2023, alors que le réacteur 1 était en fonctionnement, une des portes de l’espace inter-enceinte a été retrouvée mal fermée. Elle l’était depuis près d’un mois. L’incident a été déclaré par EDF à l’Autorité de contrôle (ASN) comme significatif pour la sûreté et démontrait un manque de rigueur au plan de la configuration et de la surveillance de l’installation. À peine un mois plus tard, le 28 septembre, le réacteur est en cours de mise à l’arrêt. Ce qui prend du temps car la puissance doit être baissée progressivement. À partir d’une certaine phase, un stade d’arrêt suffisamment avancé pour limiter les risques d’accident et de rejets radioactifs, la ventilation de l’espace inter-enceinte peut être coupée. Mais EDF est allé un peu trop vite en besogne et a fermé la ventilation trop tôt. Le réacteur n’était pas encore arrêté mais n’était plus confiné. EDF a déclaré l’incident le 3 octobre 2023 à l’Autorité de contrôle comme étant, cette fois encore, significatif pour la sûreté. Il démontre cette fois une méconnaissance des règles et un sérieux défaut d’organisation avec à la clé, des procédures censées assurer la sûreté qui ne sont pas appliquées. Entre manque de surveillance de l’installation, manque de connaissances et mauvaise configuration, l’exploitation actuelle du réacteur 1 de la centrale de Nogent-sur-Seine semble bien risquée.
  • 5 septembre 2023 – France : Nogent : Porte ouverte sur le réacteur 1
La surveillance des installations en question À Nogent-sur-Seine (Grand Est), une porte est restée ouverte plus d’un mois avant que EDF ne s’en rende compte. Elle donne accès à l’espace situé entre les deux murs de béton qui entourent le cœur du réacteur 1. Un incident qui questionne la fréquence des rondes et plus largement la suffisance de la surveillance de l’installation. Si les réacteurs nucléaires sont entourés de murs de béton, c’est pour contenir une explosion et limiter les rejets radioactifs à l’extérieur en cas d’accident. Pour assurer le confinement de la radioactivité à l’intérieur du bâtiment, il faut que tous les accès soient correctement fermés. Mais même lorsqu’il n’y a pas accident, des radioéléments sont présents dans le bâtiment réacteur. D’où le fait que l’accès à ces zones nucléaires soit contrôlé : n’importe qui ne peut pas y accéder, des dispositifs de protection individuels doivent être portés, il faut passer par des vestiaires et des portiques de détection de radioactivité. Le confinement du bâtiment doit être permanent et les entrées et sorties doivent être contrôlées. À Nogent, le réacteur est dans une enceinte de béton constituée d’une double paroi. L’espace entre ces deux murs est accessible, et il peut être traversé grâce à deux sas. Pour assurer le confinement de la radioactivité dans le bâtiment et de la bonne résistance à la pression en cas d’explosion, les portes des sas doivent être doivent être hermétiquement fermées et verrouillées. Le 30 août 2023, alors que le réacteur 1 fonctionnait, deux intervenants font leur ronde dans l’espace entre les deux murs en béton de l’enceinte. Et trouvent une porte ouverte. Pas grande ouverte, mais mal fermée. EDF ne le dit pas dans son communiqué d’incident, mais le dernier passage par cette porte remontait au 24 juillet. La porte a été mal fermée à ce moment là et est restée en l’état plus d’un mois. Outre la question du pourquoi de cette non-fermeture (oubli, précipitation, laxisme ?), outre le non respect des règles qui imposent un parfait confinement du réacteur nucléaire, c’est la fréquence des rondes et la surveillance des installations qui est mise en question par cet incident. Qu’une porte, qui assure le confinement de la radioactivité et participe à la résistance de l’enceinte du réacteur en cas d’explosion reste mal fermée plus d’un mois sans que l’exploitant ne le sache démontre que EDF ne maîtrise pas si bien que ça ni l’état de ses équipement ni les risques induits par ses activités.
  • 19 juillet 2023 – France : Nogent : La porte de protection contre les radiations du réacteur 2 était mal fermée
EDF met 2 semaines à s’en rendre compte La porte de protection biologique du réacteur 2 de la centrale de Nogent-sur-Seine (Grand Est) n’a pas été refermée. Un oubli datant du 27 juin 2023, que EDF à découvert 2 semaines plus tard. Les règles imposaient pourtant que la protection soit en place dès le 3 juillet 2023.
  • 1er juin 2023 – France : Nogent : Un réacteur nucléaire sans diesel
Risques multipliés par une maintenance mal menée : la compétence d’EDF en tant qu’exploitant nucléaire questionnée. Parce qu’un réacteur nucléaire, même arrêté, ne doit jamais être privé d’électricité, 2 groupes électrogènes fonctionnant au diesel équipent chacun d’eux. Mais à Nogent-sur-Seine (Grand Est), le réacteur 2 a été privé de ses 2 groupes électrogènes durant plusieurs jours. Parce que EDF a mis l’un hors-service sans vérifier que l’autre était en état de marche.Le réacteur 2 de la centrale nucléaire de Nogent est arrêté pour maintenance. Un de ses moteurs diesel doit être déconnecté du réacteur pour y faire des travaux. Il s’agissait pourtant d’une intervention programmée, cet arrêt pour entretien était prévu à l’avance. EDF a eu donc tout le temps de planifier et de préparer l’intervention, d’anticiper ses éventuelles conséquences. D’autant que l’intervention en question touche à une fonction essentielle : l’alimentation électrique des circuits les plus importants (refroidir le combustible, mesurer la radioactivité ambiante, avoir de la lumière en salle de commandes etc.). Mais il faut croire que l’analyse des risques préalable à l’intervention sur le diesel est passée à côté du plus évident de tous : s’assurer que l’autre groupe électrogène, celui qui restait connecté au réacteur, pouvait fonctionner. Or il ne pouvait pas, à cause de la panne d’une pompe. Soit EDF n’a pas contrôlé ce diesel avant de déconnecter l’autre, soit les vérifications n’ont pas été complètes, soit elles ont été mal faites. Quoiqu’il en soit, la panne n’a pas été détectée. Or les règles posées par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) sont très claires : si l’un des diesels est coupé, l’autre doit être apte à fonctionner. Le réacteur 2 est resté sans groupe électrogène pour l’alimenter en électricité du 11 au 14 mai 2023. On ne sait pas pourquoi l’industriel n’a pas respecté les règles d’exploitation, ni ce qui lui a finalement permis de découvrir la panne du seul diesel encore connecté au réacteur de Nogent. Par son manque de précautions, par sa mauvaise gestion d’opérations pourtant courantes, EDF a dégradé des dispositions créées pour limiter les risques d’accident sur son réacteur nucléaire. Les faits ont donc été déclarés comme significatifs pour la sûreté. Ils montrent que l’exploitant nucléaire peut, par son manque de compétence et de rigueur dans l’exercice de ses fonctions, augmenter la probabilité d’un accident dans ses centrales nucléaires.
  • 28 avril 2023 – France : Anomalie générique : Dieselgate – EDF découvre de nouveaux problèmes
41 réacteurs nucléaires dont les groupes électrogènes de secours n’auraient pas résisté à un tremblement de terre.
On croyait que l’exploitant nucléaire avait tout vérifié, mais non. De nouveaux défauts ont été découverts par EDF sur les moteurs diesels de réacteurs nucléaires, avec pour conséquence l’impossibilité de leur fournir l’électricité nécessaire en cas de coupure de courant après un tremblement de terre. L’affaire aura pris 4 ans. Au total, 41 réacteurs sur les 56 en fonctionnement sont touchés. Pour certains, les 2 groupes électrogènes étaient impactés. EDF n’a communiqué les éléments qu’après avoir réparé les supports rongés par la rouille, remis en état les connectiques défectueuses et remonté les pièces convenablement.Un réacteur nucléaire ne doit jamais être privé d’un apport en électricité, alimentation essentielle pour les différents systèmes et pour garantir un refroidissement continu et ininterrompu du combustible. L’accident nucléaire de Fukushima en 2011 a démontré que les sources électriques de secours des réacteurs doivent absolu être capable de résister à des agressions de fortes intensité (séisme, inondation etc.). Fin 2018, les diesels d’ultime secours (DUS), des groupes électrogènes à moteur diesel conçus pour résister à ces intempéries ne sont toujours pas en service. L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) impose alors à EDF de vérifier l’ensemble des autres sources électriques de secours qui équipent ses réacteurs (groupes électrogènes à moteur diesels dits « diesels de secours » et des turbines à gaz). Les contrôles vont s’étaler sur plusieurs années.Après des annonces faites en 2019 et en 2020, on pensait que celle faite au cœur de l’été 2022 clôturait les vérifications : 39 réacteurs différents concernés, seulement 2 centrales nucléaires sur les 18 en fonctionnement épargnées (Bugey et Tricastin). Mais une nouvelle déclaration d’EDF est arrivée à l’Autorité de sûreté au printemps 2023. Des réacteurs n’avaient pas encore été contrôlés (Cattenom 4, Golfech 1). Et sans grande surprise, de nouveaux défauts ont été découverts sur leurs diesels de secours. Qui plus est, de nouvelles anomalies ont été découvertes sur les diesels des 2 réacteurs de la centrale de Saint-Alban. De quoi laisser dubitatif sur la qualité des vérifications effectuées préalablement sur les diesels de Saint-Alban et interroger les capacités d’EDF a vérifier son parc nucléaire dans une temporalité adaptée aux enjeux de sûreté. Corrosion de portions de tuyauteries et de leurs supports, mauvais montages de raccords, erreurs dans les branchements … Les groupes électrogènes n’auraient pas fonctionné en cas de tremblement de terre. Or c’est justement le type même de situation où ils sont nécessaires (car le réseau national d’électricité peut être endommagé et inapte à fournir l’alimentation des systèmes les plus importants pour éviter un accident dans l’installation nucléaire). Si les réacteurs ont chacun 2 diesels de secours, dans certains cas, la nature et le nombre des défauts étaient telles que aucun n’aurait pu marcher. Au total, pour 18 réacteurs nucléaires, l’ASN classe les faits au niveau 2 de l’échelle de classement des incidents nucléaires [2] et pour 23 autres au niveau 1. L’ASN ne dit rien quant aux manquements de l’industriel sur l’entretien de ses équipements pourtant obligatoires. Pas plus qu’elle ne se positionne quant aux moyens alloués par EDF à ces vérifications, à leur qualité et au temps qu’il aura fallu pour aboutir à un état des lieux exhaustif de ses installations. La seule conclusion qu’elle offre au public est que tout est désormais réparé. Mieux vaut tard que jamais. Mais l’affaire des diesels offre un bel exemple de l’incapacité d’EDF à vérifier et à réparer l’ensemble de son parc nucléaire si besoin était. Le parallèle avec l’affaire de la corrosion sous contrainte au cœur de plusieurs réacteurs est tout tracé.  »
  • 8 mars 2023 – France – générique : Nogent : Double erreur sur un capteur de niveau d’eau – Corrosion sous contrainte et fatigue thermique : tout est à revoir
C’est une fissure de grande ampleur (et surtout de grande profondeur) qui a balayé toute la stratégie qu’EDF a déployée avec l’aval de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) : découverte début 2023 sur une zone qui selon l’industriel, n’était pas sujette à la corrosion sous contrainte (CSC), sur un quart de la circonférence du tuyau, il ne restait que 4 mm de métal (sur 27mm d’épaisseur). Autant dire que la rupture était proche. Alors oui le circuit est doublé, mais puisque les fissures sont dues tantôt à la géométrie des circuits, tantôt aux interventions qui ont été faites dessus, si une ligne est touchée, sa jumelle peut bien l’être aussi. C’est le refroidissement du réacteur nucléaire qui est mis en jeu en cas de rupture de ce circuit (le circuit d’injection de sécurité dit RIS. Il permet, en cas d’accident causant une brèche importante au niveau du circuit primaire du réacteur, d’introduire de l’eau borée sous pression dans celui-ci. Le but de cette manœuvre est d’étouffer la réaction nucléaire et d’assurer le refroidissement du cœur). Voir l’article sur ce sujet : « Centrale nucléaire de Penly : la fissure de trop ?  »
  • 21 décembre 2022 – France : Nogent : Double erreur sur un capteur de niveau d’eau
Le but de l’intervention effectuée en novembre 2021 était d’améliorer les mesures du niveau d’eau dans la piscine de combustible du réacteur 2 de Nogent-sur-Seine (Grand Est). Mais c’est tout l’inverse que ça a donné. EDF a mis plus d’un an à se rendre compte que les données fournies étaient erronées, le capteur avait été mal réglé.
  • 16 décembre 2022 – France : Générique : 16 réacteurs particulièrement sujets à la corrosion sous contrainte
Mi décembre 2022, plus d’un an après la découverte du phénomène, EDF annonce que ses 16 réacteurs nucléaires les plus récents sont aussi les plus « sensibles » à la corrosion sous contrainte (CSC). Il en reste six à « traiter » entièrement en 2023 et pour ceux-là (et pour Cattenom 1), EDF change de stratégie : fini les contrôles et les découpes de tronçons présentant des indications, toutes les tuyauteries des circuits d’injection de sécurité (RIS) « dont les soudures pourraient être affectées » seront remplacées.
  • 22 novembre 2022 – France : Générique : Les sondes de température des cœurs de 6 réacteurs mal raccordées – Combien à vérifier ?
Il s’agissait de modifier le câblage des thermocouples, ces sondes de températures implantées dans le cœur des réacteurs qui fournissent des données essentielles pour éviter l’évaporation de l’eau qui refroidit le combustible. Mais les adaptateurs du nouveau système de câblage ont été mal serrés sur 6 réacteurs nucléaires. À Flamanville 1 et 2, Belleville 1, Nogent 1, Paluel 1 et Cattenom 2, le fonctionnement des sondes et la fiabilité des mesures de température du cœur n’étaient plus garantis en cas d’accident. Mais la liste n’est pas exhaustive car tous les réacteurs qui ont été modifiés n’ont pas été vérifiés.
  • 3 novembre 2022 – France : Anomalie générique CSC : 15 réacteurs sur le fil, EDF minimise
Le 3 novembre 2022, par une discrète mise à jour de sa note d’information du 14 janvier, EDF fait le point sur les travaux des réacteurs impactés par la corrosion sous contrainte (CSC). L’industriel énumère les réacteurs en travaux, ceux qui vont l’être et ceux qui l’ont été, sans plus de précisions quant à l’ampleur du phénomène ni les circuits touchés.
  • 21 septembre 2022 – France : Générique : Corrosion et fissures : 15 réacteurs arrêtés, au moins 7 touchés
Fin septembre 2022, près d’un an après la découverte de corrosion sous contrainte et de fissuration de tuyaux au cœur du réacteur 1 de Civaux, EDF poursuit ses contrôles. Quinze réacteurs sont arrêtés, au moins 7 sont touchés ou présentent des signes indicateurs de CSC. L’exploitant nucléaire a déclaré les faits comme significatifs pour la sûreté, mais seulement pour 4 d’entre eux : Civaux 1 (Nouvelle Aquitaine), Chooz 1 (Grand Est), Penly 1 (Normandie) et Cattenom 3 (Grand Est).
  • 15 septembre 2022 – France : Nogent : La puissance du réacteur 2 sous-estimée
Le réacteur 2 de la centrale de Nogent-sur-Seine (Grand Est) a fonctionné au-delà du maximum de sa puissance entre mi juillet et fin août 2022. En cause, l’oubli par EDF lors du réglage du système de régulation et de protection du réacteur fait de prendre en compte une dérive du bilan thermique de référence constatée fin juin. L’incident est significatif pour la sûreté puisqu’il a affecté la maîtrise par EDF de la réactivité. Il a été déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) le 9 septembre 2022.
  • 16 août 2022 – France : Nogent : La température d’ébullition du réacteur 1 mal surveillée
Dans un réacteur nucléaire, l’eau ne doit jamais bouillir : les bulles empêcheraient le refroidissement dans certaines zones et la chaleur dégagée pourrait endommager le combustible, rendant la réaction nucléaire incontrôlable. Ce sont les ébulliomètres qui surveillent ce paramètre : ils calculent l’écart entre la température de l’eau de la cuve et la température d’ébullition à pression similaire (l’eau boue à des températures différentes en fonction de la pression). Mais un câble de connexion défectueux, identifié comme tel en 2021 et remplacé de manière provisoire, a été réinstallé par erreur sur un de ces équipements dans le réacteur 1 de la centrale de Nogent (Grand Est). L’ébulliomètre donnait des mesures erronées, alors que le réacteur était en pleine montée en puissance. EDF a mis plus de 2 semaines à s’en rendre compte. Les arrêts et les redémarrages de réacteurs sont pourtant des phases particulièrement délicates lors desquelles l’évolution de la réaction nucléaire doit être suivie de très près. Les faits, significatifs pour la sûreté puisqu’ils ont mis en jeu le refroidissement du réacteur nucléaire, ont été déclarés par EDF à l’Autorité de sûreté le 12 août 2022. L’exploitant nucléaire n’explique ni pourquoi le matériel défectueux n’avait pas été éliminé, ni comment une erreur de maintenance a pu être commise et passer inaperçue durant 17 jours. Défaut d’entretien, manque de contrôles techniques post-interventionnels et surveillance insuffisante de l’activité nucléaire en plein redémarrage, l’incident pointe divers problèmes qui se sont cumulés et ont généré une situation risquée.
  • 13 juillet 2022 – France : Anomalie générique : Des équipements électriques détériorés dans tous les réacteurs en cas de séisme
En cas de tremblement de terre, certains systèmes et équipements des réacteurs nucléaires doivent absolument fonctionner. Pour permettre l’alimentation électrique, le refroidissement du combustible, la ventilation, le fonctionnement des systèmes de secours etc., tout ce qui sert à arrêter le réacteur et à éviter un accident nucléaire. Depuis plusieurs années, suite à la catastrophe de Fukushima et sur les demandes de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), EDF découvre que certains de ces équipements requis en cas de tremblement de terre n’auraient pas résisté. De nombreux travaux ont été entrepris pour les rendre résistants : renforcement des ancrages et des fixations, conception particulière… Mais EDF n’avait pas pensé à la tenue aux séismes des autres matériels, qui pourraient sous l’effet du choc venir agresser ceux qui doivent fonctionner.
  • 11 juillet 2022 – France : Anomalie générique : Non tenue aux séismes des diesels de secours de 39 réacteurs
Erreurs de connectiques, corrosion et mauvais montages, les groupes électrogènes à moteur diesel de 39 réacteurs nucléaires (sur 56 au total) n’auraient pas résisté à un tremblement de terre. Embêtant pour un équipement censé fournir de l’électricité en cas de coupure de courant, comme ça peut être le cas suite à un séisme.
  • 10 mars 2022 – Nogent-sur-Seine : Arrêt en urgence du réacteur 2
Jeudi 10 mars 2022, à 5h34 du matin, le réacteur 2 de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine (Grand Est) s’est arrêté en urgence. Les dispositifs qui surveillent l’activité du réacteur ont détecté un problème de fonctionnement suffisamment sérieux pour stopper immédiatement la réaction nucléaire en cours dans la cuve. Le problème viendrait d’un matériel qui n’est pas situé dans la zone nucléaire. EDF a prévenu les autorités et recherche l’origine exacte de l’incident.
  • 14 janvier 2022 – France : Anomalie générique : Fissures au cœur de plusieurs réacteurs
Civaux, Chooz, Penly : corrosion et risque de rupture de tuyauteries – EDF arrête certains réacteurs et cherche l’explication d’un phénomène qu’il ne comprend pas. C’est d’abord à Civaux 1 (Vienne) lors de contrôles faits durant sa visite décennale que les fissures ont été découvertes. Puis sur Civaux 2, sur Chooz 2 (Ardennes) et sur Penly 1 (Manche). Des fissures qui peuvent engendrer la rupture des tuyaux sur un circuit essentiel en cas d’accident, le circuit RIS, qui est directement connecté au circuit primaire qui permet de refroidir en permanence le combustible nucléaire. Ces fissures à proximité de soudures sur les tuyauteries sont dues à de la corrosion sous contrainte, un phénomène qui n’était pas censé apparaître selon les études d’EDF. Les réacteurs ont été mis à l’arrêt pour plusieurs mois, de même que Chooz 1 sur lequel les vérifications sont en cours. EDF doit contrôler tous les réacteurs nucléaires de France, 56 au total, dont les deux de la centrale de Nogent-sur-Seine.
  • 17 décembre 2021 – Nogent-sur-Seine : Prises de risques avec le confinement découvertes après-coup – Quand les contrôles d’EDF ne détectent pas les dysfonctionnements de ses équipements
Les 10 et 11 décembre 2021, EDF se rend compte que les clapets de la ventilation des bâtiments où est entreposé le combustible des réacteurs de la centrale de Nogent (Grand Est) sont trop lents à se fermer. Embêtant car en cas d’accident, la ventilation doit être coupée en moins de 5 secondes pour éviter qu’une partie de la radioactivité ne soit relâchée à l’extérieur du bâtiment et contamine l’environnement.
  • 10 novembre 2021 – Nogent-sur-Seine : Une inspection de l’ASN à Nogent-sur-Seine révèle de graves problèmes de gestion du risque incendie
    Une inspection de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) sur le thème de la protection incendie a été réalisée le 17 et 18 mars 2021 au CNPE de Nogent-sur-Seine. Cette inspection a mis en lumière de nombreux manquements de nature organisationnelle qui mettent en péril la sûreté de l’installation dans l’hypothèse d’un départ de feu. En plus des manquements constatés, l’inspection dénonce un état de dégradation généralisée qui pourrait aussi avoir de lourdes conséquences en cas d’incendie. Le Réseau « Sortir du nucléaire » a déposé une citation directe contre EDF le 10 novembre 2021 devant le tribunal de police de Troyes. * rapport de l’ASN ici * citation directe à comparaitre contre EDF ici
  • 9 novembre 2021 – Nogent-sur-Seine : Arrivée d’eau non autorisée et alarme en salle de commande – Erreur passée inaperçue en plein redémarrage du réacteur 2
    C’est par une alarme en salle des commandes le 29 octobre 2021 que les équipes d’EDF se seront rendu compte de leur erreur et de ses conséquences : trop d’eau a été injectée dans le circuit primaire lors du redémarrage du réacteur nucléaire n° 2 de Nogent (Grand Est), ce qui a fait baisser la concentration en bore dans le circuit. Ce paramètre est pourtant censé être scrupuleusement surveillé puisque c’est un des 2 moyens de contrôler et de stopper la réaction nucléaire en cours dans la cuve du réacteur.
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  • 1er octobre 2021 – Nogent-sur-Seine : La porte du réacteur 2 mal fermée depuis un an – La visite décennale un peu trop vite bouclée ?
  • Lors de l’arrêt pour visite décennale du réacteur 2 de la centrale de Nogent-sur-Seine (Grand Est), un arrêt de 6 mois qui s’est terminé en août 2020 [1], la grande porte d’accès au bâtiment réacteur a été mal fermée. EDF ne s’en est rendu compte que plus d’un an après, fin septembre 2021. Une détection bien tardive d’un fait qui questionne non seulement le confinement de la radioactivité dans le bâtiment, la résistance de l’enceinte de béton à une explosion, mais aussi – et surtout – la qualité des contrôles réalisés par EDF et la connaissance qu’a l’exploitant de l’état réel de ses installations nucléaires.
  • 27 juillet 2021 – Générique : Erreur dans le système de protection intégré des 1300 MWe – EDF a mal calculé la répartition de puissance dans les cuves de 20 réacteurs nucléaires
    Un communiqué laconique, mais qui a le mérite d’exister. Le 27 juillet 2021, on apprend que le 17 juin EDF a déclaré un incident générique pour 20 réacteurs nucléaires à Belleville, Cattenom, Flamanville, Golfech, Nogent-sur-Seine, Paluel, Penly, et Saint-Alban. L’industriel s’est trompé dans les incertitudes implantées dans le SPIN, le système qui calcule la puissance de la réaction nucléaire et surveille sa répartition. Les incertitudes en question ne sont pas conformes avec celles utilisées dans les études menées par EDF pour démontrer la sûreté de ces installations nucléaires.
  • 20 juillet 2021 – Générique : EDF fait des modifications sans en informer les autorités – Les contrôles et essais périodiques des DUS (diesels d’ultime secours) de 20 réacteurs nucléaires concernés
    Le communiqué d’EDF daté du 20 juillet 2021 n’est pas très clair et pas bien long. Mais on comprend que l’industriel a changé les manières de vérifier le bon fonctionnement de ses DUS (diesels d’ultime secours), sans demander l’autorisation ni même en informer l’Autorité de sûreté nucléaire. Huit centrales, Belleville, Cattenom, Flamanville, Golfech, Nogent-sur-Seine, Paluel, Penly, Saint-Alban, regroupant 20 réacteurs nucléaires de 1300 MWe répartis dans toute la France sont concernées.
  • 5 juillet 2021 – Générique : Les sources électriques de secours mal entretenues sur 4 sites nucléaires – Un petit « défaut documentaire » chez EDF
    Belleville, Flamanville, Nogent, Paluel, 4 sites nucléaires sont concernés, regroupant au total 10 réacteurs nucléaires. Chacun est équipé de 2 groupes électrogènes à moteur diesel. Ils doivent démarrer dès qu’il y a une coupure d’électricité. Ils sont d’une importance capitale pour éviter un accident, car un réacteur nucléaire doit ne doit jamais être privé d’eau ni d’électricité. On pourrait attendre d’un industriel, menant des activités à hauts risques, qu’il soit particulièrement précautionneux quant à l’entretien de ces équipements de secours. Mais non. La direction du parc nucléaire d’EDF vient de déclarer, début juillet 2021, qu’en raison d’un oubli dans les documents qui établissent le programme de maintenance de ces diesels, des pièces du moteur n’ont jamais été changées, alors qu’elles auraient dû l’être.
  • 8 juin 2021 – Anomalie générique : Erreurs dans les documents qui guident les tests
    Trois années pour découvrir que des documents donnaient des consignes divergentes pour faire la même chose. Trois années durant lesquelles les essais de bon fonctionnement sur plusieurs réacteurs nucléaires n’ont pas été faits dans les temps à cause de cette erreur documentaire et de la lenteur administrative d’EDF.
  • 3 juin 2021 – Anomalie générique : Problèmes de surveillance de la radioactivité sur 12 sites nucléaires
    Une modification des systèmes de mesure de la radioactivité a été appliquée en 2018 sur 16 réacteurs nucléaires répartis sur 12 sites nucléaires : à Belleville, Blayais, Bugey, Cattenom, Golfech, Gravelines, Nogent, Paluel, Penly, Saint-Alban, Saint-Laurent et Tricastin. Seuls 7 centrales françaises ont été épargnées. Depuis, plusieurs dysfonctionnements sont apparus sur ces outils de mesure. Et les informations transmises en salle de commandes utilisées par les équipes d’EDF pour surveiller la radioactivité du circuit secondaire et détecter d’éventuelles fuites du circuit primaire n’étaient plus fiables. C’est une analyse du constructeur qui a révélé le problème. EDF, qui avait validé la modification des chaînes de mesure en 2018, a mis trois années à s’en rendre compte.
  • 22 décembre 2020 – Anomalie générique : Commandes mal fixées sur onze réacteurs nucléaires
    L’affaire a commencé en 2019. Fin 2020 on apprend que sur onze réacteurs nucléaires d’EDF, plusieurs commandes de circuits essentiels en cas d’accident mais aussi en fonctionnement normal, étaient mal fixées. En cas de séisme, plusieurs de ces systèmes n’auraient pas fonctionné sur le réacteur 1 de Civaux et EDF n’aurait pas pu gérer une situation accidentelle. C’est à dire que l’exploitant n’aurait pas été capable de garder le contrôle du réacteur. Pour les dix autres réacteurs (Blayais 1, Bugey 4, Cattenom 1, 2 et 3, Glofech 1 et 2, Nogent 1 et 2, Penly 1), les défauts, dont on ne sait rien de l’origine, étaient moindres. L’anomalie est classée au niveau 1 de l’échelle INES [1] pour Civaux, au niveau zéro pour les autres.
    [1] INES : International nuclear and radiological event scale (Échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques) – Description et niveaux ici – https://www.asn.fr/Lexique/I/INES
  • 18 décembre 2020 – Nogent-sur-Seine : Erreur lors du remplacement d’un capteur de pression du réacteur 1
    Passée inaperçue malgré des vérifications, une erreur a été commise le 11 décembre 2020 lors du remplacement d’un capteur de pression sur le réacteur 1 de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine (Grand Est). Il ne s’agit pourtant pas de n’importe quel capteur, puisque c’est celui qui mesure la pression dans les générateurs de vapeur et le circuit primaire en cas d’accident. Un capteur essentiel donc [1]. Pourtant, ce n’est que le lendemain qu’EDF s’est aperçue que les valeurs affichées étaient inversées. De quoi s’interroger sur la qualité des vérifications du bon fonctionnement du capteur après son remplacement, puisque EDF précise qu’il y a eu « un temps d’observation du fonctionnement ». L’incident a été déclaré comme significatif pour la sûreté du fait de la détection tardive du problème par l’exploitant. Problème qu’il a lui-même généré, par une maintenance de mauvaise qualité et des contrôles techniques post-interventionnels manifestement insuffisants.
    [1] Un générateur de vapeur (GV) est un échangeur thermique entre l’eau du circuit primaire, portée à haute température (320 °C) et à pression élevée (155 bars) dans le cœur du réacteur, et l’eau du circuit secondaire qui se transforme en vapeur et alimente la turbine. Chaque générateur de vapeur comporte plusieurs milliers de tubes en forme de U, qui permettent les échanges de chaleur entre l’eau du circuit primaire et l’eau des circuits secondaires pour la production de la vapeur alimentant la turbine. les réacteurs à eau sous pression de 900 MWe comportent 3 générateurs de vapeur, les réacteurs de 1 300 MWe comportent 4 GV. Source : https://www.asn.fr/Lexique/G/Generateur-de-vapeur
  • 17 décembre 2020 – Anomalie Générique : Problèmes sur 37 réacteurs nucléaires, EDF communique quand tout est réparé
    D’abord 7, puis 11, plus 16 autres, puis finalement 10 de plus : 37 réacteurs nucléaires (sur 56) qu’EDF a laissé se dégrader au point que certains équipements ne puissent plus remplir leur fonction. Et pas n’importe lesquels, puisqu’il s’agit des moteurs diesels qui servent à éviter un sur-accident nucléaire en cas de coupure électrique. Sur 35 réacteurs, ces diesels n’auraient pas tenu le choc d’un séisme. Raccords mal montés, tuyauteries rouillées, mauvaises connectiques sur les armoires électriques, sur presque un quart des réacteurs nucléaires les équipements étaient si délabrés et les impacts potentiels sur la sûreté auraient été tels que l’évènement, significatif pour la sûreté, a été classé au niveau 2 pour 13 réacteurs. Pour 22 autres, il est classé au niveau 1. Mise à part Fessenheim qui a été arrêtée au cours de l’année 2020, seules 3 centrales nucléaires françaises ne sont pas touchées : Golfech, Bugey et Tricastin. Cette « mise à jour » communiquée discrètement le 17 décembre 2020 par EDF sonne-t-elle la « fin » de cette histoire commencée début 2019, lorsque l’Autorité de sûreté nucléaire a demandé à EDF de contrôler l’état de ses sources électriques de secours tout en autorisant l’exploitant à reporter les mises en services les DUS (diesels d’ultime secours), de nouveaux équipements remplissant la même fonction mais censés être plus résistants ? Dans son communiqué, EDF ne donne aucun détail sur le type de dégradations observées sur ses moteurs diesels, encore moins d’explication sur le fond du problème : comment est-il possible que l’exploitant nucléaire ait prêté si peu d’attention à des équipements si importants (et obligatoires) qui doivent faire l’objet d’entretien régulier et être toujours en état de fonctionner ?
  • 3 décembre 2020 – Nogent-sur-Seine : Erreur lors de la visite décennale du réacteur 2 découverte des mois après
    Découverte sept mois plus tard, malgré des enjeux de confinement de la radioactivité et de sur-accident. Une pièce montée en mai 2020 sur le circuit d’aspersion de l’enceinte du réacteur 2 de Nogent-sur-Seine (Aube) n’était pas de bon diamètre. Conséquence : le circuit censé limiter les conséquences radiologiques d’un accident nucléaire n’avait pas un débit suffisant pour remplir son rôle en cas de besoin. Les faits, considérés comme significatifs pour la sûreté, ont été déclarés par EDF le 1er décembre 2020 à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN).
  • 11 septembre 2020 – Nogent-sur-Seine : Erreur sur une source électrique de secours lors de la visite décennale du réacteur 2
    Une erreur commise lors de la visite décennale du réacteur 2 de la centrale de Nogent-sur-Seine (Grand Est) a été découverte plusieurs semaines après par EDF : le système qui fournit de l’électricité en cas de problème ne fonctionnait pas.
  • 11 septembre 2020 – Nogent-sur-Seine : Erreur sur les grappes de commande lors de la visite décennale du réacteur 2
    Découverte plusieurs semaines après, une erreur a été commise lors de la visite décennale du réacteur 2 de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine (Grand Est). Et non des moindre puisqu’elle concerne les grappes de commande du cœur du réacteur.
  • 21 juillet 2020 – Nogent-sur-Seine : Un sous-traitant contaminé en travaillant sur un échafaudage
    Le 2 juillet 2020, le réacteur2 de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine (Aube) est en pleine visite décennale. Des travaux sont en cours et l’échafaudage monté autour du couvercle de la cuve du réacteur doit être modifié. Lors de l’opération, le salarié d’une entreprise prestataire d’EDF a été contaminé au niveau de la main. De la matière radioactive est venue se coller à sa peau et l’a irradiée directement jusqu’à ce que le travailleur quitte la zone nucléaire.
  • 30 avril 2020 – Anomalie générique : Tapis radioactifs dans les vestiaires du personnel
    Dans 17 centrales nucléaires sur les 19 que compte la France, les tapis recouvrant le sol des vestiaires du personnel, pourtant situés en dehors des zones nucléaires, étaient radioactifs. On ne sait pas depuis combien de temps, ces tapis ne faisaient pas partie de la liste des équipements à vérifier au titre de la propreté radiologique.
  • 29 avril 2020 – Un travailleur contaminé au ventre – Lenteur et silence d’EDF
    C’est lors d’une intervention dans le bâtiment du réacteur 2 de la centrale de Nogent-sur-Seine (Aube) que l’incident est arrivé. Le 31 mars 2020, on ne sait pas comment, des poussières radioactives sont venues se coller à la peau du prestataire, au niveau du ventre. Il a été fortement irradié par ces substances avant qu’elles ne soient retirées : il a reçu en une seule fois plus du quart de la dose maximale autorisée sur toute une année pour les travailleurs du nucléaire.
  • 13 mars 2020 – Anomalie générique : 17 réacteurs équipés de pièces défectueuses, EDF pleinement responsable
    Parce qu’EDF n’a pas tenu compte de ses erreurs passées et n’a pas transmis toutes les informations à son fournisseur, l’exploitant a équipé 17 réacteurs de pièces non-conformes. Des pièces sur 2 circuits essentiels, à Belleville (Centre Val-de-Loire), Cattenom (Grand Est), Flamanville (Normandie), Golfech (Occitanie), Nogent-sur-Seine (Grand Est), Penly (Normandie), Paluel (Normandie) et Saint-Alban (Occitanie). Huit sites nucléaires sur les 19 que compte l’hexagone sont concernés, soit près de la moitié.
  • 27 février 2020 – Nogent : Difficultés de maintenance récurrentes et prises de risques répétées
    Dans une centrale nucléaire, il est des équipements si importants qu’en cas de panne, le réacteur doit être arrêté. Ce que l’exploitant de la centrale nucléaire de Nogent (Grand Est) n’a pas fait. Face à des difficultés de réparations, EDF persévère et viole les règles d’exploitation.
  • 6 février 2020 – Anomalie générique : Rouille, problèmes électriques, pièces mal montées : dégradations importantes des diesels des réacteurs nucléaires d’EDF
    En novembre 2019, 7 réacteurs étaient concernés. EDF vient d’en annoncer 16 de plus. Pour la moitié d’entre eux, les 2 moteurs diesels censés alimenter en électricité les systèmes de sauvegarde des réacteurs sont tellement dégradés qu’ils n’auraient pas résisté à un séisme. L’évènement générique a été classé au niveau 2 de l’échelle INES pour 8 réacteurs de 1300 et 1450 MWe, et au niveau 1 pour 8 autres.
  • 6 septembre 2019 – Nogent-sur-Seine : Deuxième erreur lors du redémarrage du réacteur 1 après visite décennale
    Le redémarrage du réacteur 1 de Nogent-sur-Seine (Aube), arrêté depuis fin avril 2019 pour contrôles et maintenances, ne se passe pas sans heurt. Deuxième incident significatif pour la sûreté déclaré en quelques jours, et comme un goût de déjà vu : un équipement important qui aurait dû être pleinement fonctionnel ne l’était pas. En l’occurrence : une des sources électrique de secours, censée prendre le relai en cas de coupure électrique, avait une vanne d’alimentation fermée. Impossible de faire fonctionner le groupe turbo-alternateur dans cet état. Donc en cas de besoin, il n’aurait pas pu prendre le relai pour alimenter les systèmes d’ultime secours qu’il est censé faire fonctionner. Cette vanne a « été malencontreusement fermée », ce qui démontre la grave méconnaissance des manœuvres et plus globalement du fonctionnement de l’installation de ceux qui sont censés s’en occuper.
  • 20 novembre 2018 – Anomalie générique : Perte d’alimentation électrique en cas de séisme : 48 réacteurs nucléaires sur 58 concernés
    Le 20 juin 2017, EDF déclarait un évènement significatif pour la sûreté de niveau 2 affectant les 20 réacteurs de 1300 MWe. En raison de défauts sur les structures métalliques qui supportent les vases d’expansion du circuit de refroidissement et de défauts sur les ancrages des autres matériels auxiliaires des moteurs diesels de secours, l’alimentation électrique des réacteurs nucléaires n’aurait plus été assurée en cas de séisme. Ces défauts viennent à la fois de problèmes de conception génériques à l’ensemble des réacteurs concernés et de problèmes locaux liés à un mauvais état ou à un mauvais montage des ancrages. En octobre 2017, puis en janvier et en avril 2018, l’exploitant a annoncé des « extensions » de cette déclaration, certains réacteurs de 900 MWe étant aussi concernés. Après contrôles de l’ensemble du parc, EDF annonce le 20 novembre 2018 une « mise à jour » de cette déclaration. Puis une seconde en mars 2019. Pas facile de s’y retrouver tant les communications successives sont morcelées, mais au total, sur les 58 réacteurs que compte le territoire français, ce sont entre 44 (selon EDF) et 48 réacteurs (selon l’ASN) qui étaient touchés par ces défauts, à des niveaux plus ou moins grave. La conséquence aurait été une perte d’alimentation électrique en cas de tremblement de terre. Selon la dernière communication de l’ASN, les anomalies sont classés au niveau 2 de l’échelle INES* pour 37 réacteurs et au niveau 1 pour 11. Plusieurs anomalies ont en effet été reclassées par l’ASN par rapport au niveau de classement proposé par EDF (de niveau 1 au niveau 2, et de niveau zéro au niveau 1). Ce qui laisse entrevoir que l’exploitant aurait sous-évalué la gravité des défauts pour plusieurs réacteurs. L’ASN annonce d’ailleurs que de nouvelles anomalies concernant la résistance aux séismes ont été découvertes sur plusieurs réacteurs. Si aucune des communications faites par EDF et par l’ASN ne dresse une vision globale de l’état du parc en liste clairement l’ensemble des réacteurs concernés et le niveau de gravité des anomalies, les 2 annoncent en revanche nettement que toutes les réparations sont terminées.
  • 18 septembre 2018 – Anomalie générique : Blocage des grappes de commande, le réacteur 1 de Nogent-sur-Seine également concerné
    Février 2018, EDF déclarait un évènement significatif pour la sûreté relatif au « risque de blocage de grappe de commande », ces barres qui sont insérées plus ou moins dans la cuve du réacteur pour en moduler la puissance*. En fait, des blocages s’étaient déjà produits à Saint-Alban sur le réacteur 2 en novembre 2017 et à Belleville sur le réacteur 2 en décembre. Un même blocage s’est produit le 17 août 2018 à Nogent sur le réacteur 1. Ces blocages sont causés par l’usure de pièces – les manchettes thermiques équipant le couvercle de la cuve – qui se rompent et bloquent alors le mécanisme permettant de manœuvrer les grappes. L’exploitant du parc, malgré le fait que ce problème puisse affecter une vingtaine de réacteurs, n’a pas arrêté ses installations pour autant. Les vérifications de l’état d’usure des pièces, dont la méthode n’était au début pas très au point, sont faites au grès des arrêts programmés. L’état du parc ne sera donc pas connu avant la fin du 1er trimestre 2019, soit 1 an et demi après les premiers blocages. En attendant, des « tests de manœuvrabilité » ont quand même été réalisés. Et tous ne se sont pas bien passés**. Le blocage de grappe à Nogent cet été a fait publier à l’Autorité de sûreté nucléaire un nouvel avis d’incident significatif pour la sûreté, générique, le blocage avéré concernant 3 réacteurs et le risque de blocage concernant tous les réacteurs de 1300 MWe. Le risque est très sérieux. Les grappes de commande sont des groupes de tiges solidaires et mobiles contenant une matière absorbant les neutrons. Elles permettent de contrôler le niveau de puissance du réacteur grâce à leur insertion dans le cœur du réacteur et de stopper la réaction nucléaire en cas de situation incidentelle ou accidentelle.
  • 6 septembre 2018 – Nogent-sur-Seine : Refroidissement du cœur du réacteur 2 non conforme durant 10 jours : erreur de maintenance non détectée et procédures réglementaires non respectées
    Suite à une erreur de maintenance datant de la mi août 2018, entre le 22 et le 31 août le cœur du réacteur 2 de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine n’a pas été refroidi comme l’exigeaient les procédures réglementaires. En effet, l’erreur commise a eu pour conséquence de rendre indisponible l’alimentation en eau de secours de la moitié des générateurs de vapeur du réacteur 2. Ce circuit dit « de secours » est utilisé pour alimenter en eau les générateurs en cas de défaillance du système principal, mais il est aussi utilisé pendant les phases d’arrêt et de redémarrage des réacteurs. Or le réacteur 2 est arrêté pour maintenance depuis le 1er juillet 2018. Depuis le 22 août ce système d’alimentation en eau aurait dû être pleinement opérationnel afin que les 4 générateurs de vapeur puissent refroidir correctement le cœur du réacteur 2. C’est ce qu’exigent les spécifications techniques d’exploitations, le recueil des modes opératoires à respecter pour la conduite des installations nucléaires. Mais l’erreur de maintenance commise le 16 août n’ayant été découverte que le 31, le système d’alimentation en eau de secours n’alimentait que 2 des 4 générateurs de vapeur au moment où il était requis, à savoir à compter du 22 août. C’est sans doute ce qui a poussé l’exploitant à présenter sa déclaration d’évènement significatif pour la sûreté comme une simple « Indisponibilité d’un matériel requis ».
  • 16 août 2018 – Nogent-sur-Seine : L’exploitant manipule du combustible nucléaire alors que la ventilation n’est pas pleinement opérationnelle
    Moins d’un mois après l’incendie qui a coupé les alimentations électriques du réacteur 2 et valu une nuit blanche à l’Autorité de sûreté nucléaire et à son bras technique l’IRSN, nouvel incident : l’exploitant a manipulé du combustible nucléaire alors que le système de ventilation du bâtiment n’était pas pleinement opérationnel. Le 4 août 2018, en plein rechargement de combustible du réacteur 2, un employé déclare une anomalie sur une machine servant à manipuler le combustible : un câble est dénudé. Ce câble était relié à un bouton d’urgence permettant de basculer la ventilation vers un système de filtres en cas d’accident et de relâchement de gaz radioactifs. Ce système d’urgence permettant la bascule de la ventilation vers les filtres était donc hors service. Or il doit être pleinement fonctionnel lorsque du combustible nucléaire est manipulé dans le bâtiment. Mais l’exploitant n’a pas fait le rapprochement, et a poursuivi le rechargement du réacteur 2 comme si de rien n’était. Il lui aura fallu 2 jours pour comprendre.
  • 18 juillet 2018 – Nogent-sur-Seine : Incendie et perte d’alimentation électrique du réacteur 2
    Un incendie s’est déclenché sur un transformateur de la centrale de Nogent-sur-Seine ce 17 juillet 2018 à 22h. Conséquences : le réacteur 2 a perdu son alimentation électrique externe. « Heureux » hasard, le réacteur était à l’arrêt pour maintenance et le combustible était intégralement déchargé du cœur, stocké dans la piscine du bâtiment combustible. Mais les sources électriques permettant le refroidissement de la piscine ont elles aussi été impactées par l’incendie. L’installation nucléaire dispose de sources d’alimentation électrique de secours : 2 groupes électrogènes à moteur diesel, censés prendre le relai pour éviter toute coupure électrique. Mais au moment de l’incident un seul des 2 diesels était fonctionnel, l’autre était en réparation. Heureusement pour les populations et l’environnement, le diesel de secours en état de marche a tenu bon tout au long de la nuit et a permis d’assurer entre autres le refroidissement de la piscine combustible. Si ce refroidissement n’est plus assuré, il devient impossible d’évacuer la puissance résiduelle dégagée par le combustible nucléaire.
  • 4 juin 2018 – Arrêt automatique du réacteur 2, 3ème incident déclaré en quelques jours
    Le réacteur 2 de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine s’est arrêté automatiquement ce lundi 4 juin 2018 pour des raisons inconnues des équipes d’exploitation. Un arrêt automatique n’est jamais anodin, puisque ce dispositif de sûreté se déclenche automatiquement lorsqu’une anomalie est détectée. Il s’est avéré qu’il a fait suite à un problème sur le système de contrôle des grappes de commande. C’est le 3ème incident déclaré en seulement quelques jours par l’exploitant du site nucléaire qui n’est qu’à 120 km de la capitale, site que l’Autorité de sûreté pointe du doigt pour ses insuffisances en matière de radioprotection et de préservation de l’environnement.
  • 24 mai 2018 – Nogent : La remontée des alarmes incendies HS sur le réacteur 2 suite à une erreur de maintenance commise il y a 2 ans
    Lors de tests effectués fin avril 2018, l’exploitant de la centrale nucléaire de Nogent a constaté que les signaux de détection d’incendie sur les transformateurs du réacteur 2 ne se déclenchaient pas en salle de commande. L’origine du problème se trouve dans un défaut de câblage, l’erreur a été commise lors de la réfection du système en 2016 et n’a pas été découverte avant. L’Autorité de sûreté nucléaire pointe du doigt la procédure inadaptée de remise en service des équipements de détection incendie après leur modification, l’absence d’essai périodique de ces équipements et la durée pendant laquelle leur surveillance a été dégradée.
  • 29 décembre 2017 – Nogent : Les équipes oublient de remettre en marche le système de filtration d’iode de la salle de commande
    À Nogent, la salle de commande du réacteur 1 est restée plus d’un mois et demi sans système de filtration d’iode opérationnel. Les équipes ont tout simplement oublié de changer la position d’une vanne de « fermée » à « ouverte » lors du dernier redémarrage du réacteur début novembre 2017. Ce système de filtration d’iode est censé se déclencher automatiquement en cas d’incident, afin de « maintenir des conditions ambiantes compatibles avec le séjour du personnel ». L’erreur empêchait toute mise en marche du système. Elle n’a été découverte que le 23 décembre. Non seulement l’exploitant n’a pas respecté les règles d’exploitation mais en plus il a mis un sacrè bout de temps pour s’en rendre compte ! L’évènement a été déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire le 28 comme significatif pour la sûreté.
  • 11 octobre 2017 – L’alimentation électrique du réacteur 1 coupée par erreur, la zone contrôlée évacuée
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    plusieurs violations des règles générales d’exploitation dénoncée par l’Autorité de Sécurité Nucléaire
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  • 11 octobre 2017 – Anomalie générique : Le refroidissement des réacteurs ne sera plus assuré en cas de séisme important
    Le 11 octobre 2017, l’exploitant des centrales nucléaires françaises a annoncé une anomalie générique de niveau 2 : en cas de séisme, les tuyauteries des stations de pompages qui assurent l’apport en eau nécessaire au refroidissement des réacteurs ne tiendront pas. Mal entretenues, corrodées, elles ont perdu en épaisseur, et donc en résistance. Selon l’annonce de l’exploitant 20 réacteurs sont concernés. Mais si on y regarde d’un peu plus près, c’est la moitié du parc nucléaire français qui perdrait totalement ou partiellement la possibilité de refroidir les réacteurs. Quelques jours après l’annonce d’EDF, l’ASN publie un communiqué de presse et l’IRSN une note d’information qui viennent préciser un peu ce qu’a communiqué l’exploitant. En effet, ce sont bien au moins 29 réacteurs qui sont concernés. Et en effet, l’origine du problème vient de la corrosion et de la rouille qui a rongé les tuyaux, de fait d’un manque d’entretien. En cas de perte totale de refroidissement, la fusion de ces réacteurs ne pourra pas être évitée, ce qui s’était passé à Fukushima, avec les conséquences que l’on connait.
  • 28 août 2017 – Des erreurs de l’exploitant à l’origine d’évènements significatifs pour la sûreté
    Communication le 28 août des évènements significatifs pour la sûreté déclarés par l’exploitant nucléaire au cours du mois de juillet 2017. On apprend ainsi le dysfonctionnement du système de régulation de la ventilation des équipements électriques du réacteur 1 est resté non identifié malgré des pannes et des contrôles répétés ; que le transformateur du réacteur 2 est resté indisponible durant plus d’un an en raison d’une poignée de commande mal positionnée ; et que suite à une erreur, l’ensemble des détecteurs incendie du réacteur 2 ont été mis en mode essai, ce qui a bloqué le système de retransmission de ces alarmes incendie en salle de commande.
  • 31 juillet 2017 – Communication à retardement sur plusieurs incidents survenus en juin 2017
    La centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine a publié le 31 juillet 2017 sa lettre d’info mensuelle dans laquelle elle communique sur les actualités du mois de juin. On apprend ainsi, avec presque 2 mois de retard, que 5 incidents ont eu lieu sur le site : 1 significatif pour l’environnement, 4 pour la sûreté.
  • 20 juin 2017 – Anomalie générique des 20 réacteurs de 1300 MWe : les systèmes auxiliaires des diesels de secours ne tiendront pas en cas de séisme
    Le 20 juin 2017, un évènement générique concernant la sûreté de 20 réacteurs de 1300 MW a été déclaré au niveau 2. En cas de séisme, les ancrages des diesels de secours ne tiendront pas, provoquant ainsi la perte d’alimentation électrique. Il s’agit à la fois de problèmes de conception génériques et de problèmes locaux liés à un mauvais état ou à un mauvais montage des ancrages des systèmes auxiliaires. Les centrales de Belleville, Cattenom, Flamanville, Golfech, Nogent-sur-Seine, Paluel, Penly et Saint-Alban sont concernées. Quelques mois plus tard, en octobre 2017 l’exploitant annonce que Fessenheim et Bugey sont également touchées par ces défauts. 26 réacteurs sont donc concernés.
  • 28 avril 2017 – Belleville, Cattenom, Golfech, Nogent-sur-Seine, Penly : Évènement significatif de sûreté générique, 12 réacteurs concernés
    EDF a déclaré le 28 avril 2017 un évènement significatif de sûreté générique affectant toutes les centrales de palier P’4. Les structures métalliques supportant les vases d’expansion des diesels de secours ultime des 12 réacteurs présents sur les sites de Belleville, Cattenom, Golfech, Nogent-sur-Seine et Penly ne résisteront pas en cas de séisme. Après calcul, le calibre des chevilles de fixation se révèle insuffisant.
  • 7 avril 2017 – Non-respect des spécifications techniques d’exploitation
    La dégradation de plusieurs bornes de raccordement électrique a provoqué l’indisponibilité partielle du système de ventilation de la salle des commandes du réacteur 2 pendant près de 4 mois
  • 2 février 2017 – Non-respect des spécifications techniques d’exploitation
    Non-respect des spécifications techniques d’exploitation : Indisponibilité d’une turbine d’alimentation électrique de secours pendant plus de sept jours.
  • 26 janvier 2017 – Indisponibilité d’une turbine d’alimentation électrique de secours
    Le 26 janvier 2017, une intervention de maintenance sur une turbine d’alimentation électrique de secours est réalisée. Le 28 janvier, une accélération de la turbine plus importante que l’attendu est détectée. Le 30 janvier, un diagnostic complémentaire montre la défaillance d’une pièce mécanique.
  • 5 janvier 2017 – un filtre du système de surveillance et de contrôle de l’atmosphère du bâtiment réacteur monté à l’envers depuis 3 ans
    Le 18 octobre 2016, lors d’un essai périodique, l’exploitant de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine a constaté l’inefficacité d’un filtre du système de surveillance et de contrôle de l’atmosphère du bâtiment réacteur 2. Après analyse il s’avère que ce filtre avait été monté à l’envers lors de la précédente opération de maintenance réalisée le 24 octobre 2013.
  • 23 mai 2016 – Arrêt automatique de l’unité de production n° 1
    Le 23 mai 2016 à 19h10, l’unité de production n° 1 de la centrale de Nogent-sur-Seine s’est arrêtée automatiquement.
  • 11 mars 2016 – Arrêt de la turbine du réacteur n° 2
    Le 11 mars 2016 à 10h19, l’unité de production n° 2 a été déconnectée du réseau de transport d’électricité suite à l’arrêt de sa turbine.
  • 8 octobre 2015 – Non-respect de la conduite associée à un cumul d’indisponibilités de plusieurs matériels électriques
    Le 8 octobre 2015, le réacteur n° 2 était arrêté pour maintenance et rechargement de combustible. La mise hors tension pour maintenance d’un tableau électrique alimentant des matériels de surveillance et de contrôle a conduit à l’indisponibilité non immédiatement identifiée de quatre matériels, au-delà de celles affectant déjà différents systèmes pendant cette maintenance. Le cumul d’indisponibilités n’ayant pas été correctement identifié, la conduite associée aux règles de cumul en vigueur n’a pas été respectée.
  • 29 avril 2015 – Contamination d’un travailleur lors d’une opération sur le réacteur n° 1
    Le 29 avril 2015, le réacteur n° 1 de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine était à l’arrêt pour la réalisation d’activités de maintenance. Dans ce cadre, un intervenant avait pour mission de monter une corde au sommet d’un échafaudage d’environ 10 m de haut. Lors du passage de la corde à un étage supérieur par une trappe d’accès, celle-ci est retombée sur l’intervenant. Les contrôles radiologiques en sortie de zone contrôlée ont détecté une contamination au niveau de son visage.
  • 24 avril 2015 – Contamination de trois salariés
    Le 24 avril 2015, une contamination interne a été détectée sur trois salariés (un salarié EDF et deux salariés d’une entreprise prestataire), lors des contrôles systématiques réalisés en sortie de zone nucléaire.
  • 16 avril 2015 – Violation des spécifications techniques d’exploitation relatives à la ventilation du bâtiment combustible du réacteur n° 1
    Le 16 avril, alors que le réacteur n° 1 de la centrale de Nogent-sur-Seine est en arrêt pour rechargement du combustible et opérations de maintenance, l’exploitant n’a pas respecté pendant 3h26 l’une des conditions d’exploitation de la ventilation du bâtiment combustible.
  • 14 janvier 2015 – Défaut sur le réseau de transport d’électricité
    L’unité n° 2 s’est arrêtée automatiquement, le 14 janvier 2015, suite à un défaut sur le réseau de transport d’électricité de la centrale (ligne à haute tension 400 000 volts).
  • 19 mai 2014 – Montée en puissance trop rapide du réacteur n° 1
    Le 16 et le 19 mai 2014, lors de la phase de redémarrage du réacteur n° 1 de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine après son arrêt pour maintenance et rechargement en combustible, la montée en puissance du réacteur a été par deux fois supérieure à la limite fixée par les règles d’exploitation.
  • 15 mars 2014 – Mauvais réglage de l’alarme de surveillance du flux de neutrons au cours du rechargement en combustible du réacteur n° 2
    Le 15 mars 2014, alors que les opérations de rechargement du combustible étaient en cours sur le réacteur n° 2 de la centrale de Nogent-sur-Seine, l’opérateur présent en salle de conduite a effectué un mauvais réglage de l’alarme de surveillance du flux de neutrons.
  • 1er février 2014 – Mise hors service erronée d’une alarme du système de surveillance du flux de neutrons
    Le 1er février 2014, alors que le réacteur n° 2 de la centrale de Nogent-sur-Seine était à l’arrêt pour le contrôle périodique du fonctionnement des grappes de contrôle participant à la maîtrise de la réaction nucléaire, une alarme du système de surveillance du flux neutronique a été, plusieurs fois, mise hors service de façon inappropriée.
  • 23 décembre 2013 – Déraillement affectant un transport de combustibles usés par voie ferroviaire
    Le lundi 23 décembre 2013 vers 16 heures, quatre essieux de l’un des huit wagons d’un convoi de combustibles nucléaires usés sont sortis de la voie en gare de triage de Drancy – Le Bourget (Seine-Saint-Denis). Cet incident avait été précédé onze jours avant d’un autre déraillement de wagon, d’acide chlorhydrique derrière lequel se trouvait un wagon de nitrate d’ammonium, (substances présentes lors de la catastrophe d’AZF). « Ces deux incidents viennent s’ajouter à la longue liste des 42 incidents dont 22 considérés comme grave par l’Etat le long de ces dernières années, vous ne pouvez pas continuer à faire courir un tel danger aux populations voisines : plus de 30.000 personnes pourraient se trouver en danger de mort en cas d’accident industriel sur le site », a argumenté le maire de Drancy.
  • 4 octobre 2013 – Absence de dispositifs de freinage sur des vis appartenant au système d’injection de sécurité
    Le 4 octobre 2013, lors de contrôles réalisés sur les deux unités de production de la centrale de Nogent-sur-Seine, les équipes en charge de la maintenance des installations ont remarqué que plusieurs vis des pompes assurant le fonctionnement des circuits de secours étaient desserrées.
  • 23 septembre 2013 – Nogent-sur-Seine : Erreurs de configuration de paramètres utilisés pour la protection du réacteur
    Le 23 septembre 2013, la centrale de Nogent-sur-Seine a déclaré à l’ASN un évènement significatif pour la sûreté portant sur l’utilisation par le système de protection du réacteur de paramètres de calcul de la puissance thermique du réacteur n° 1 non-conformes, ceux-ci n’ayant pas été mis à jour à la suite de l’arrêt pour maintenance du réacteur en septembre 2012.
  • 13 septembre 2012 – Indisponibilité du système de surveillance des rejets gazeux des bâtiments nucléaires
    Le 13 décembre 2012, alors que le réacteur n°2 de Nogent-sur-Seine était en arrêt pour visite partielle, l’exploitant a constaté l’arrêt de la mesure du niveau de radioactivité des gaz rejetés à la cheminée du bâtiment des auxiliaires nucléaires.
  • 1er septembre 2012 – Surpression de type « coup de bélier » sur le circuit secondaire principal de Nogent 1
    Le 1er septembre 2012, le réacteur n° 1 de la centrale de Nogent-sur-Seine est en cours de redémarrage suite à un arrêt programmé pour maintenance. Lors des opérations de mise en service des générateurs de vapeur (GV), les agents de conduite ont réalimenté en eau le GV n° 1 avec un débit trop important. L’eau froide contenue dans la tuyauterie d’alimentation est entrée en contact avec la phase vapeur déjà présente dans le GV, ce qui a provoqué un choc thermo-hydraulique.
    Le 28 août 2012, lors des essais de vérification du bon fonctionnement de matériels avant le redémarrage du réacteur n° 1 de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine à l’arrêt pour maintenance depuis le 23 juin, l’exploitant a constaté le dysfonctionnement de deux robinets alimentant en vapeur les turbopompes du circuit d’eau d’alimentation de secours des générateurs de vapeur (GV).
  • 2 août 2012 – Perte d’alimentation électrique sur le réacteur n° 1
    Démarrage d’un diesel de secours suite à la perte d’alimentation du transformateur auxiliaire de l’unité de production n° 1 sur un réacteur à l’arrêt.
  • 17 décembre 2011 – Incident lors du redémarrage du réacteur
    Le 17 décembre 2011, le réacteur n°1 de la centrale de Nogent-sur-Seine est en cours de redémarrage à la suite d’un arrêt fortuit survenu le 15 décembre. « Le 23 janvier 2012, à la suite des investigations approfondies, l’exploitant a caractérisé le transitoire subi par le circuit secondaire principal comme une situation exceptionnelle de type « coup de bélier ». L’exploitant a alors procédé à l’arrêt du réacteur n°1 et a communiqué à l’ASN un programme de contrôles pour les tronçons de tuyauteries ayant subi la surpression conformément à l’arrêté du 10 novembre 1999. L’ASN considère néanmoins que l’exploitant a fait preuve d’un manque de culture sûreté en ayant déclenché les opérations de contrôle seulement un mois après la survenue de l’incident.
  • 15 décembre 2011 – Départ de feu sur une armoire électrique de l’unité de production n°1
    la vétusté des installations électriques est particulièrement inquiétantes. Quid des alimentations électriques vitale, comme celles de mise à l’arrêt des réacteurs.
  • 18 février 2006 – Inondations en salle des machines en février 2006 sur le réacteur n° 2
    Photos impressionnantes de l’accident ayant entrainé la rupture de dalles en bétons
  • 27 octobre 1999 – Anomalie générique : Découverte de défauts dans les circuits de refroidissement des groupes électrogènes de secours de réacteurs de 1 300 MW
  • 20 août 1999 – un assemblage combustible usé est resté suspendu à la structure interne supérieure de la cuve, à 4 mètres au-dessus du coeur.
    Communiqué des autorité de sécurité nucléaires : « Nogent-sur-Seine (Aube) Fonctionnement normal du réacteur 2. Arrêt du réacteur 1 depuis le 13 août pour visite décennale et rechargement en combustible. Réacteur 1 : Extraction intempestive d’un assemblage combustible hors du coeur du réacteur lors de l’enlèvement des éléments internes supérieurs de la cuve. Le 19 août, alors que le réacteur était arrêté pour maintenance et remplacement de combustible, un assemblage combustible est resté accroché aux structures internes supérieures de la cuve au cours de leur enlèvement. La cuve du réacteur contient le combustible nucléaire, constitué de 193 assemblages combustibles. Ces assemblages sont maintenus dans la cuve par des structures dénommées « internes inférieurs » et « internes supérieurs ». À l’issue de chaque cycle de fonctionnement, les assemblages combustibles sont déchargés puis entreposés dans la piscine du bâtiment du combustible. Leur déchargement impose, après l’ouverture de la cuve, l’enlèvement des structures internes supérieures. L’ensemble de ces opérations de manutention sont effectuées sous eau, afin d’assurer le refroidissement des assemblages combustibles et la protection radiologique des opérateurs. Le 19 août, alors qu’il procédait à la remontée progressive des internes supérieurs, l’exploitant a constaté qu’un assemblage combustible était accroché à ces matériels. Les opérations ont été arrêtées ; l’assemblage toujours intégralement sous eau est resté suspendu aux internes supérieurs. Il avait été extrait du coeur sur environ 4 mètres, sa longueur totale étant de près de 5 mètres. Aucune émission de produit radioactif n’a été détectée dans le bâtiment réacteur. L’exploitant a néanmoins fait procéder à l’évacuation totale de ce bâtiment et en a interdit l’accès. L’analyse par la DSIN, la DRIRE et l’IPSN des dispositions prévues par l’exploitant est en cours. Compte tenu de l’apparition d’une anomalie susceptible d’affecter l’intégrité d’un assemblage combustible, cet incident, initialement déclaré au niveau 0 de l’échelle INES, a été reclassé au niveau 1 par l’Autorité de sûreté.« 
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