Au Japon, une falsification de documents sur les risques nucléaires

Quinze ans après l’accident de Fukushima, l’Autorité de régulation nucléaire japonaise a été victime d’une falsification des données de sécurité. L’exploitant de la centrale de Hamaoka, dans le centre du Japon, a reconnu avoir sous-estimé l’intensité maximale d’un tremblement de terre potentiel sur sa centrale, située en zone sismique, indique notamment France info.

Des salariés de la compagnie Chubu Electric Power chargés des simulations ont délibérément choisi, depuis 2018, de travailler à partir de données inexactes. Cela a été reconnu le 5 janvier par l’entreprise : La méthode employée pour estimer la résistance sismique était intentionnellement différente de celle expliquée aux autorités», a déclaré son patron, Kingo Hayashi.

C’est sur la base de ces déclarations des constructeurs que l’Autorité de sûreté nucléaire évalue si ces réacteurs sont conformes aux normes édictées après l’accident de Fukushima.

Toutes les procédures d’examen qui devaient permettre à Chubu Electric Power de relancer ses deux réacteurs ont été stoppées en décembre. L’Autorité de régulation du nucléaire a ouvert une enquête après avoir reçu un signalement en février. La catastrophe de Fukushima, en 2011, avait conduit le Japon à débrancher son parc nucléaire. 14 réacteurs ont récemment été relancés, sur les 54 que comptait l’archipel avant 2011.

L’estimation de «mouvement sismique maximal en surface» est cruciale pour la conception parasismique des centrales nucléaires.

En septembre 2023, le régulateur japonais avait approuvé l’estimation établie par Chubu Electric. Mais en février 2025, l’autorité a reçu de la part d’un lanceur d’alerte une information selon laquelle l’entreprise «aurait pu utiliser des données différentes de celles présentées» au gendarme du nucléaire, a indiqué mardi à l’AFP Keiichi Watanabe, un responsable du régulateur.
La centrale de Hamaoka est dans une zone susceptible d’être touchée par un séisme survenant dans la fosse sous-marine de Nankai, là où la plaque océanique de la mer des Philippines « s’enfonce » lentement sous la plaque continentale sur laquelle repose le Japon (voir la carte en fin d’article).

Tokyo estime qu’un méga-séisme dans la fosse de Nankai, suivi d’un tsunami, pourrait tuer jusqu’à 298.000 personnes et causer jusqu’à 2.000 milliards de dollars de dégâts.

Fosse de Nankai - Par Map:LincunArea:Pekachu — Map:Map_of_Japan_with_highlight_on_47_Okinawa_prefecture.svgArea:"南海トラフの地震活動の長期評価(第二版)について 概要資料(pdf)", 地震調査研究推進本部(Headquarters for Earthquake Research Promotion), CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=26368513

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