Le 11 janvier 2026, un accident d’un train de marchandises survenu dans la région de Carentan-les-Marais (département de la manche) sur la ligne de fret ferroviaire entre Cherbourg-en-Cotentin (Manche) et Mouguerre, près de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) a bloqué complètement le trafic ferroviaire dans les deux sens entre Lison et Cherbourg.
Sur les voies, dont les rails sont par endroits cassés, pas moins de 17 wagons à relever. Chacun transportait deux conteneurs, et le convoi s’étire sur 700 mètres.
Cet accident, qui n’a heureusement pas fait de victimes,remet en lumière le danger extrême des transports de déchets nucléaire : en effet, c’est cette ligne qu’emprunte les combustibles usés provenant des centrales nucléaires françaises. Environ 200 convois par an c’est-à-dire en moyenne 4 transports ferroviaires par semaine, pour rejoindre les usines Orano de La Hague.
Selon la SNCF, cet accident de déraillement n’a pas concerné de matières dangereuses, mais la question se pose évidemment : qu’en aurait-il été s’il s’était agi d’un convoi de colis de combustibles usés hautement radioactifs ? Quelle serait la gestion des risques inhérents dans un tel contexte de difficultés de reprise des colis (certains pouvant atteindre près de 150 tonnes) et des risques d’exposition ?
La volonté de construire 6 EPR supplémentaire va entrainer une augmentation du volume de ces déchets, dont on ne sait toujours pas quoi faire, et augmenter les risques.
Un accord a été trouvé entre Orano et la SNCF pour un transport par semaine au lieu des 3 en moyenne habituellement.
Mais si le blocage perdure (il est question de plusieurs semaines) , il y a un risque réel de saturation des piscines d’entreposage des combustibles nucléaires sur les sites des centrales nucléaires, entraînant l’arrêt de la production électrique.
Les entreposages à La Hague sont déjà au bord de la saturation, faisant planer un risque inacceptable sur l’alimentation électrique du pays. Ces dernières années, Orano a dû retraiter plus de combustibles que nécessaire pour éviter cette saturation, accumulant du plutonium séparé sans débouché, comme le montre les données rassemblées dans cette note de l’ACRO.
Cartes des transports de matières nucléaires