11 ans de Fukushima : plus jamais ça ! arrêt du nucléaire civil et militaire

publié le 11 mars 2022

Vendredi 11 mars 2011 – Vendredi 11 mars 2022 :
11 ans depuis la catastrophe nucléaire de Fukushima

À l’occasion du 11ème anniversaire de l’accident de Fukushima, mobilisons-nous contre la relance du nucléaire !

À Fukushima, la catastrophe continue de se déployer dans le déni général

Le 11 mars 2011, l’accident nucléaire de Fukushima débutait. 11 ans après, la catastrophe environnementale, sanitaire et humaine continue de se déployer. La centrale accidentée a toujours besoin d’être refroidie en permanence et les autorités japonaises s’apprêtent à rejeter en mer, à partir de 2023-24 et pendant plusieurs décennies, plus de 1,3 millions de m3 d’eau contaminée stockés sur le site, malgré l’opposition des pêcheurs et riverains. 11 ans après, la contamination radioactive est toujours largement présente dans les sols. Pourtant, les autorités japonaises déploient de grands moyens pour inviter des jeunes à s’installer dans des communes qui avaient été déclarées “zone à évacuer”. Le seuil d’exposition maximale à la radioactivité admissible pour le public à Fukushima reste toujours fixé à 20 mSv/an, soit la limite pour les travailleurs du nucléaire. Des brochures minimisent le danger de la radioactivité et vantent l’innocuité de l’eau contaminée de la centrale de Fukushima Daiichi. D’ores et déjà, près de 300 cas de cancer de la thyroïde ont été détectés parmi les personnes de la préfecture de Fukushima qui étaient enfants lors de l’explosion – un ratio anormalement supérieur à la normale pour cette maladie, la seule à avoir fait l’objet d’une étude épidémiologique et qui cache la forêt d’autres pathologies. Parmi elles, 6 personnes, âgées de 6 à 16 ans au moment de l’accident, ont attaqué l’opérateur japonais TEPCO le 27 janvier 2022 pour que puisse être attesté le lien entre leur pathologie et l’accident, et obtenir justice pour les autres victimes. Ces jeunes s’ajoutent aux près de 14 000 personnes actuellement engagées dans une trentaine de procès civils pour que le gouvernement et TEPCO assument la responsabilité de l’accident et indemnisent les victimes. Le 4 mars, la Court Suprême japonaise a d’ailleurs rendu un jugement historique, entérinant définitivement la responsabilité juridique de l’entreprise et lui ordonnant d’indemniser près de 4000 personnes . Elle doit se prononcer avant l’été quant à la responsabilité du gouvernement.

Non à la relance du nucléaire en France !

Le 27 janvier 2022, 5 anciens Premiers Ministres japonais ont écrit à la présidente de la Commission Européenne pour lui demander de ne pas classer le nucléaire parmi les énergies vertes. Mais Emmanuel Macron, principal artisan de la promotion de l’atome en Europe, non content de se servir de la présidence française de l’Union Européenne pour organiser des événements de greenwashing pronucléaire, compte imposer à notre pays une relance du nucléaire à marche forcée. Nous nous opposons à ce projet aussi absurde que dangereux, présenté à tort comme incontournable pour atteindre la neutralité carbone. Alors que le GIEC rappelle l’urgence de réduire nos émissions au plus vite, il est irresponsable de miser pour cela sur une technologie lente à développer, sujette aux retards, hors de prix et elle-même vulnérable aux phénomènes climatiques extrêmes. L’urgence devrait être, au contraire, d’engager notre pays dans un système énergétique sobre, résilient et 100% renouvelable. Alors que les tensions géopolitiques liées à la guerre en Ukraine s’ajoutent à de sombres perspectives climatiques, on ne peut pas construire l’avenir avec une technologie dangereuse, polluante et qui pose un risque accru en cas de conflit, comme le montrent les alertes de l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique. Viser la sobriété, isoler massivement les logements et développer les énergies renouvelables sont des options bien plus efficaces pour réduire rapidement notre dépendance au gaz russe que de nouveaux réacteurs nucléaires qui ne seraient pas opérationnels avant une quinzaine, voire une vingtaine d’années.

Le 10 avril 2022 exprimons par notre bulletin de vote notre refus du nucléaire civil et militaire aux candidat.e.s (leurs positions ici) qui veulent continuer et amplifier les outils d'une future catastrophe en France !

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