Risque terroriste : des failles dans la sécurité des centrales nucléaires

Durant 18 mois des experts indépendants (Oda Becker-Allemagne, Manon Besnard-France, David Boilley-France, Ed Lyman-États-Unis, Gordon MacKerron-Royaume Uni, Yves Marignac-France, et Jean-Claude Zerbib-France) des questions nucléaires et du terrorisme, mandatés par GreenPeace, ont étudiés les scénarios d’attaques sur le parc nucléaire français et ses 19 centrales.

Le résultat de ce rapport est à ce point inquiétant que Greenpeace a décidé de n’en rendre public qu’une version allégée (visible ICI)
Il s’agit d’alerter l’opinion et les pouvoirs publics, justifie Yannick Rousselet, chargé de campagne auprès de Greenpeace. Pas de donner des idées à des personnes mal intentionnées.

Il y est question de “déficit historique de la protection de nos installations, et notamment des piscines de refroidissement” (Yves Marignac, l’un des contributeurs du rapport)

Ces piscines qui sont chargées de recueillir les combustibles nucléaires usés sont très mal protégés, il n’y a pas d’enceinte de confinement aussi robuste que celle des réacteurs.

Comme le souligne le rapport :

La catastrophe de Fukushima a pourtant mis en évidence en 2011 le risque, dans ces conditions, d’un relâchement massif de radioactivité en cas de perte durable de la capacité de refroidissement du combustible entreposé

Cas de la Hague, le plus grand centre de retraitement de déchets nucléaires au monde :

Comment un site aussi sensible peut-il faire l’objet d’aussi peu de protection ?” s’interrogent les experts.
En effet, il n’y a pas de dispositif de sécurité particulier pour cette installation unique au monde. “On y trouve autant de combustible usé entreposé dans les piscines qu’il y a de combustible chargé ou en refroidissement dans les 58 réacteurs d’EDF“, (ou l’équivalent de plus de 115 coeurs de réacteurs, soit 9 955 t à la Hague, contre 9 823 t dans l’ensemble des réacteurs français) est-il détaillé dans le rapport.

A ceci s’ajoute le fait que contrairement à d’autres pays, aucune instance coordonnée n’existe sur la sécurité nucléaire : “l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) ne dispose pas de la compétence sur la sécurité qui lui permettrait d’examiner ce type de question, tandis que les autorités chargées du contrôle de la sécurité nucléaire exercent essentiellement leur compétence sur les moyens classiques de protection (détection, prévention, interception…). Aucun acteur ne semble donc réellement en mesure de se saisir d’une réflexion sur cet éventuel renforcement et d’en tirer des prescriptions

Petite vidéo réalisée par GreenPeace sur les piscines de désactivation (les baignades y sont fortement déconseillées !)

Article de GreenPeace visible ICI

Signer la pétition

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Détection de ruthénium 106 dans l’atmosphère en Europe

Communiqué de la CRIIRAD du 5 octobre 2017 (Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité)

Présence anormale de ruthénium 106 dans l’air ambiant en Europe du ruthénium 106, un élément radioactif , a été détecté, fin septembre – début octobre, dans l’air de plusieurs pays européens.

Sa présence a été signalée par les réseaux de mesure officiels en Norvège, Finlande, Pologne, Autriche, République Tchèque, Suisse, Italie.

Le ruthénium 106 est un radionucléide artificiel (produit de fission), émetteur de rayonnements bêta, de période relativement longue (1,02 ans). Il se désintègre en donnant naissance au rhodium 106, émetteur de rayonnements bêta et gamma de période 29,8 secondes.

Les niveaux mis en évidence sont relativement faibles. La valeur la plus élevée en ruthénium 106 (sous forme d’aérosol) semble concerner la Pologne, avec une valeur de 6,4 mBq/m3 (milliBecquerel par mètrecube).

Le communiqué Polonais ne précise cependant pas la période d’échantillonnage.

En Suisse, une valeur de 1,9 mBq/m3 a été détectée dans le Tessin, sur le filtre du 2 octobre (9H) au 3 octobre (11H).

Situation en France

Sur le territoire français, la contamination n’a pas été détectée pour l’instant.
L’IRSN a indiqué dans un communiqué du 4 octobre 2017 que les résultats obtenus pour ses stations d’Orsay (91) et Grenoble (38) sont inférieur s à 50μBq/m3 (le communiqué de l’IRSN ne précise pas la période d’échantillonnage des filtres).

La CRIIRAD gère en Vallée du Rhône, avec le soutien de plusieurs collectivités locales et le soutien de ses adhérents, un réseau d’alerte (balises ) permettant de détecter des niveaux de contamination radiologique de l’air ambiant qui seraient préoccupants sur le plan sanitaire.

Les résultats des analyses du filtre de la balise de Romans-sur-Isère (26) correspondant à la période du 18 septembre 2017 (13H29 TU) au 3 octobre 2017 (8 H40 TU), ne mettent pas en évidence de présence de ruthénium 106, ni d’autres radionucléides artificiels émetteurs gamma.

Les limites de détection sont de l’ordre de <110μBq/m3 pour le ruthénium 106 et de < 11 à < 33 μBq/m3 pour le césium 134, césium 137 et iode 131 (dans les aérosols).

Le communiqué complet ICI

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STOP EPR Flamanville ! Tous à St Lô le 30 septembre

Tous à St Lô le 30 septembre

La cuve du réacteur nucléaire EPR de Flamanville était défectueuse avant même que le décret d’autorisation ne soit publié en 2007. Elle risque de se fissurer au premier choc thermique et d’entraîner une catastrophe.

AREVA, EDF, l’Autorité de Sûreté Nucléaire ont attendu avril 2015 pour le révéler, après que la cuve eut été installée dans le bâtiment-réacteur, d’où elle ne peut être ressortie. Le gouvernement doit donner sa décision en octobre 2017 pour la cuve.

Le coût de ce chantier a triplé pour dépasser les 10 milliards d’euros. Au lieu de mettre fin au désastre, le gouvernement de Mr Cazeneuve l’a prolongé de 3 ans en mars 2017. C’est pourquoi 3 recours et une plainte ont été déposés par les associations pour que la démocratie soit respectée, les falsifications sanctionnées et que cesse ce chantier à marche forcée.

Nos gouvernants tentent par un coup de poker de sauvegarder « la grandeur de la France nucléaire » et d’assurer à l’EPR un débouché sur la scène du commerce international. La fermeture de la vieille centrale de Fessenheim est maintenant conditionnée à la mise en service de l’EPR. Tout cela bien sûr, à n’importe quel prix : celui d’y sacrifier notre sécurité, notre santé, notre porte-monnaie, notre avenir. Aussi, mobilisons-nous pour l’abandon de ce chantier désastreux.

Signons la pétition pour refuser la validation de la cuve !

Créons localement des comités Stop EPR

Soyons nombreux à St Lô place de la mairie samedi 30 septembre 2017 à 14 h 30

Toutes les infos sur le site www.can-ouest.org

Cuve Flamanville Passoire

Mise à jour du 1er octobre après la manifestation à laquelle des membres de l’association ont participé :

La manifestation contre la probable décision de l’ASN de valider la mise en service de l’EPR malgré les graves malfaçons que connaissent la cuve et son couvercle a rassemblé environ 2000 personnes dans les rues de la préfecture de la Manche.
Les forces de l’ordre, assez nombreuses, sont restées très discrètes, ce qui fait que la manifestation s’est déroulée sans incidents ni provocations.
Un des moments forts de la manifestation a eu lieu lorsque tout le monde s’est couché dans les rues empruntées par le cortège suite aux hurlements sinistres d’une sirène d’alarme, la même qui retentirait en cas d’accident à Flamanville.
Un peu plus tard,pendant que les manifestants accrochaient aux grilles de la préfecture casseroles et passoires,symboles de la faillite de l’EPR, Didier Anger et Chantal Cuisnier, porte parole de l’association CAN ouest étaient reçus par le préfet à qui ils ont remis une lettre à destination notamment du président de la république et du premier ministre.
Cette lettre très documentée (à lire ici) fait le point sur l’historique des turpitudes et des malversations qui entourent l’EPR depuis sa conception.
Confluence pour Sortir du Nucléaire, représentée par plusieurs de ses membres à cette manifestation, soutient complètement le combat de CAN ouest et demande à l’ASN de faire preuve de responsabilité en n’autorisant pas l’EPR à fonctionner.

Reportage de France 3 ICI

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Présidentielle 2017 – Passons les au compteur Geiger !

Centrales en fin de vie, grand rafistolage, Bure, EPR, Transition énergétique, désarmement nucléaire…
Autant de dossiers brûlants sur lequel le prochain président devra trancher !
“Réseau sortir du nucléaire” a passé les candidats et leurs propositions au compteur Geiger pour savoir lesquels sont contaminés.

Cliquer sur le compteur ci-dessous pour commencer :

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Ciné débat vendredi 3 mars – Pandora Achères

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Le nucléaire est moribond, mais il bouge encore !!! Pour combien de temps ?

La baisse continue du coût des énergies renouvelables, le développement à venir de l’auto production, la diminution de la consommation du fait notamment des économies d’énergie semblent condamner à terme la production centralisée d’électricité nucléaire dont les coûts ne peuvent que s’envoler du fait du grand carénage (100 milliards d’euros selon la Cours des comptes) et des normes de sécurité post Fukushima de plus en plus contraignantes donc de plus en plus coûteuses.
Cependant, malgré les milliards d’euros qui partent en fumée, l’Etat français et les lobbies s’entêtent : recapitalisation d’EDF avec l’argent du contribuable (3 milliards d’euros), poursuite calamiteuse de l’EPR (10 milliards d’euros à ce jour), volonté de faire durer le plus longtemps possible les vieilles centrales à bout de souffle (voir plus haut), projet CIGEO d’enfouissement des déchets à Bure (plus de 30 milliards d’euros) etc.

La logique économique l’emportera-t-elle sur l’aveuglement idéologique avant l’accident ?

Venez en débattre le vendredi 3 mars

au ciné Pandora d’Achères à partir de 20h30

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Les réacteurs nucléaires ont redémarré au détriment de la sûreté

Voir l’article de Reporterre ici

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En raison de la vague de froid, la demande d’électricité est à son maximum, justifiant selon EDF, le redémarrage sans tarder de réacteurs inspectés par l’Autorité de sûreté du nucléaire. L’association l’Observatoire du nucléaire s’inquiète de cette célérité, selon elle au détriment de la sûreté. Elle a saisi la justice pour invalider trois remises en marche.

Reporterre a actualisé sa carte du parc nucléaire, détaillant la situation centrale par centrale.

La carte est DISPONIBLE ICI

Pour faire face à la vague de froid, a-t-on redémarré certains réacteurs nucléaires trop vite, faisant fi de la sûreté ? Météo France annonce – 6,4°C en moyenne ce mercredi en France métropolitaine, et le pic de 19 h devrait nécessiter l’appel d’une puissance de 95.000 mégawatts.

La demande en électricité est à son maximum, alors que cinq réacteurs nucléaires sont toujours à l’arrêt, contre un seul l’an dernier à la même période. Déjà en novembre, Réseau de transport d’électricité (RTE), qui est chargé d’assurer la fourniture de l’énergie en France, avertissait que la pointe serait « plus délicate à assurer que lors des hivers précédents, en raison de l’indisponibilité de plusieurs sites de production ».

En effet, de multiples arrêts de réacteurs nucléaires ont dû être programmés au cours de l’année 2016, après la révélation en avril, puis en juillet, de dizaines d’anomalies dans la conception des pièces équipant les réacteurs nucléaires. Reporterre vous a relaté en détail toute l’affaire. Après contrôle, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) autorise EDF à redémarrer les réacteurs les uns après les autres.

« Un accident de type Fukushima est possible »

« Mais il y a eu des pressions sur l’ASN. Voyant venir la vague de froid, EDF a fait tout son possible pour faire redémarrer ses réacteurs le plus vite possible », dénonce Stéphane Lhomme, directeur de l’association Observatoire du nucléaire. Pour lui, les conditions de sûreté ne sont pas réunies et « un accident de type Fukushima est possible ».

C’est pourquoi son association a demandé à la justice de suspendre trois des autorisations de redémarrage de l’ASN, pour les réacteurs Dampierre 3, Gravelines 2 et Tricastin 3. Pourquoi ces trois-là ? « Parce que ce sont les premiers qui ont été autorisés à redémarrer », explique Stéphane Lhomme. Les référés-suspension ont été examinés par le Conseil d’État vendredi 13 janvier, qui devrait donner sa décision au plus tard ce mercredi. (la réponse à été donnée par le Conseil d’état le 18/01/2017, voir ici)

Les pièces sur lesquelles des malfaçons ont été découvertes sont les générateurs de vapeur, situés dans le bâtiment réacteur. Pour ces pièces, l’IRSN (l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire) explique qu’il y a « exclusion de rupture » : c’est-à-dire que les conséquences de leur défaillance seraient tellement grandes qu’elle n’est même pas prise en compte dans les scénarios de sûreté nucléaire.

« En particulier, l’acier des pièces proches du réacteur doit pouvoir résister à des chocs thermiques violents. À tout moment, on peut avoir besoin de déverser de l’eau froide sur les générateurs de vapeur », explique Stéphane Lhomme. Or, des concentrations de carbone anormales ont été repérées dans les cuves en acier des générateurs, les rendant potentiellement plus fragiles que prévu. La concentration maximale recommandée par l’ASN est de 0,22 %, alors que les contrôles ont montré que certaines zones dans les cuves présentaient une concentration allant jusqu’à 0,39 %. Pour l’Observatoire du nucléaire, les autorisations de l’ASN au redémarrage des réacteurs ne respectent donc pas son propre règlement, et violent le principe de précaution. Ce sont les raisons qui ont été invoquées devant le Conseil d’État.

Pour leur défense, l’ASN et EDF rappellent que les 0,22 % recommandés ne sont pas inscrits dans le droit, qui n’est donc pas enfreint. Surtout, selon eux le risque n’est pas si élevé que le craint l’Observatoire du nucléaire. « La rupture brutale [de l’acier] intervient en cas d’apparition simultanée de trois paramètres », indique l’ASN dans son mémoire, que Reporterre a consulté, au Conseil d’État : un matériau d’une « ténacité insuffisante », une fissure dans ce matériau et un choc thermique. La fragilité des cuves d’acier n’est donc pas dangereuse à elle seule, estime l’ASN.

« C’est du bricolage ! »

Et puis, le redémarrage des réacteurs est autorisé moyennant quelques précautions, appelées « mesures compensatoires ». Tout est fait désormais pour éviter les chocs thermiques, nous rassure l’autorité. Le fonctionnement des pompes susceptibles de déverser de l’eau brusquement sur le réacteur est par exemple modifié, les variations de température lors des démarrages et arrêts du réacteur sont limitées, etc.

« C’est du bricolage ! s’inquiète Stéphane Lhomme. Au départ, on sait que l’on peut avoir besoin de déverser de l’eau en urgence à tout moment, donc on a prévu un acier qui résiste aux chocs thermiques. Désormais, comme on n’est plus sûr qu’il résiste, on inverse et on fait tout pour les éviter. C’est faire comme si on constatait que les freins de la voiture sont usés, et qu’on décidait que désormais ce sera aux autres conducteurs de faire attention pour éviter d’avoir à freiner brutalement ! »

Autre inquiétude, comme l’ASN l’indique dans son mémoire, ces « mesures compensatoires » sont devenues « des mesures d’exploitation à part entière ». Autrement dit, « ils veulent continuer comme cela pendant des années, traduit Stéphane Lhomme. Or, la résistance de ces pièces va continuer de se dégrader, car elles sont continuellement soumises aux radiations et chocs thermiques. »

C’est pourquoi, selon Stéphane Lhomme, la décision de redémarrer les réacteurs aurait au moins valu « un débat national pour poser la question : les mesures de sûreté nucléaire sont-elles facultatives quand il fait froid ? »

Dans son mémoire, que Reporterre a consulté, au tribunal, EDF reconnaît avoir déjà donné sa réponse : l’arrêt des réacteurs présentant des malfaçons « en période de froid hivernal, où les besoins en production d’électricité sont accrus, poserait de graves problèmes pour la sécurité de l’approvisionnement énergétique ».

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EDF : l’hiver nucléaire de l’entreprise ou une catastrophe économique annoncée

On vient d’apprendre que le groupe industriel japonais Toshiba plonge dans une nouvelle crise financière, suite au rachat par sa filiale nucléaire américaine Westinghouse de la société CB&I Stone & Webster .
Le groupe japonais, déjà mis en cause par un scandale de manipulations comptables en 2015, a annoncé le 27/12/2016 une « possible dépréciation de plusieurs milliards de dollars »
Le cours du titre a chuté de 20% le 28/12/2016 après avoir chuté de 12% la veille.

Cette situation n’est pas sans rappeler l’état de quasi-faillite d’EDF, avec ses dettes de près de 70 milliards d’Euros.
Les raisons de cette faillite annoncée : la fuite en avant du tout nucléaire qui est même dénoncée par des administrateurs et salariés du groupe.

  • L’investissement de 100 milliards d’Euros (chiffre de la cour des comptes) que va couter le « grand carénage » (pour les « bricolages » afin de prolonger la durée de vie des centrales nucléaires à plus de 40 ans)
  • Les dérapages financiers du chantier de l’EPR de Flamanville (initialement prévu à 3 Milliards d’Euros, qui en est maintenant à plus de 10 milliards)
  • Si la cuve du réacteur de Flamanville doit être remplacée (suite au problème de concentration trop forte de carbone), le projet sera purement et simplement abandonné.
  • La catastrophe industrielle et financière que représente le projet gigantesque de construction de deux EPR en Angleterre à Hinkley Point, pour un montant initial de 23 milliards d’Euros, à terme beaucoup plus.

    Le directeur financier d’EDF, Thomas Piquemal, avait démissionné en mars dernier, car il considérait qu’EDF n’avait pas les moyens de mener à bien ce projet (EDF doit participer à hauteur de 66% soit 15 milliards d’Euros, or il vaut en bourse actuellement 20 milliards d’Euros).

    Pour la même raison, Gérard Magnin, un des membres du conseil d’administration, a démissionné du groupe en juillet 2016 (la lecture conseillée de sa lettre de démission adressé à Jean-Bernard Lévy, Pdg d’EDF, est édifiante ! , source : médiapart) en dénonçant l’importance démesuré et dangereuse qu’EDF accorde au nucléaire : « …Ce choix handicape l’émergence d’une industrie française des énergies renouvelables … »

    L’ensemble des représentants du personnel d’EDF a également rejeté ce projet.
    A noter que la volonté de l’Angleterre de repousser sa décision n’avait pas été communiquée par Jean-Bernard Lévy aux représentants du personnel.
    EDF est passée outre en votant pour le projet par une courte majorité de 10 voix contre 7 au conseil d’administration du 28 juillet 2016.

    Le contrat de construction des deux réacteurs a été signé le 29 septembre 2016 par les représentants Anglais (le ministre britannique des Entreprises, Greg Clark), Français (le chef de la diplomatie française, Jean Marc Ayrault) et Chinois (le directeur de l’Administration nucléaire nationale chinoise, Nur Bekri, les Chinois participant à hauteur de 33%).

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    la signature qui va contribuer à la faillite d’EDF

    A noter la parité hommes/femmes qui est loin d’être respectée, mais c’est surement parce qu’Anne Lauvergeon (ex-patronne d’AREVA, mis en examen dans l’affaire « UraMin ») n’était pas disponible …

    Lors de cette signature, Jean-Bernard Lévy, le PDG d’EDF a déclaré (sans rire) : « Nous sommes très heureux de cette signature définitive. Je suis conscient du fait que c’était une longue phase de préparation mais je suis persuadé qu’on sait démontrer qu’une fois les objectifs fixés, nous pouvons les tenir » : étant donné le triplement du coût initial de l’EPR de Flamanville, ses reports successifs, le surcout de 5 milliards d’Euros de l’EPR Finlandais et ses dix ans de retard, on a sérieusement de quoi douter de la compétence du personnage !

    Suite à la signature de ce contrat, les agences de notation financières Standard & Poor’s et Moody’s n’ont pas fait preuve du même optimisme et de la même confiance que le patron d’EDF : elles ont aussitôt abaissée la note d’EDF (assortie d’une perspective négative) suite aux risques d’exécution de ce projet et s’inquiétant de l’impact des lourds investissements à consentir.

  • Les indemnités qui risquent de se chiffrer en milliards d’Euros que va devoir payer AREVA (racheté par EDF) à son client Finlandais pour l’EPR (dont le chantier a maintenant 10 ans de retard, avec un surcout de déjà plus de 5 milliards d’Euros)

  • L’arrêt forcés des réacteurs suite aux contrôles et aux falsifications de dossiers à l’usine Areva du Creusot entraîne pour EDF un manque à gagner d’au moins 1 milliard d’euros.

  • Et dans les cartons d’EDF, le projet de construction de 6 EPR en Inde, à Jaitapur (sur les côtes indienne de la mer d’Oman, sur une zone sismique…), avec un coût initial de 60 milliards de dollars

    Source Wikipédia : « … Les 6 réacteurs nucléaires EPR seraient construits dans une zone sismique : le 11 décembre 1967, un séisme de magnitude 6,3 avait frappé Koyna, à une centaine de kilomètres au nord de Jaitapur, tuant 177 personnes et faisant quelque cinquante mille sans-abri. Au cours des vingt dernières années, Jaitapur a connu trois tremblements de terre dépassant le niveau 5 sur l’échelle de Richter ; celui de 1993, d’une intensité de 6,3, a tué neuf mille personnes. En 2009, un pont s’est effondré à Jaitapur à la suite d’une secousse. Selon l’organisation environnementale Greenpeace, ces risques sismiques n’ont pas été pris en compte lors du choix du site et la position de l’entreprise Nuclear Power Corporation of India Limited n’est pas claire sur d’éventuelles modifications de la conception face au risque sismique… »

    Voir ici l’article très complet traduit en Français de l’ONG Intercultural Resources ou en Anglais ici


Et si tous ces milliards avaient déjà été investis dans le développement massif des énergies renouvelables, source de dizaines de milliers d’emploi et permettant de se préparer à la fin des énergies fossiles en limitant la hausse des températures, et nous préservant de catastrophes nucléaires à venir ?

C’est possible, souhaitable et même nécessaire, ainsi que le démontre le rapport complet et détaillé de l’ADEME, pour arriver à un approvisionnement électrique avec 100% d’énergie renouvelable en 2050.

L’Europe peut et doit être leader dans ce domaine, qu’attendons-nous ?

Les présidentielles et législatives 2017 seront un bon moyen de départager les candidat(e)s sur ce sujet primordial.

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L’arrêt de ses réacteurs va coûter un milliard d’euros à EDF

Le nucléaire en France : un gouffre financier

Malgré ses demandes auprès de l’ASN, l’électricien français est obligé de prolonger l’arrêt de nombreux réacteurs.

EDF n’avait probablement pas besoin de cela. Obligée de prolonger l’arrêt de plusieurs réacteurs nucléaires pour effectuer de nouveaux contrôles, l’entreprise française va ainsi produire moins d’électricité que prévu. Et donc gagner moins d’argent qu’espéré, un manque à gagner qui dépasserait le milliard d’euros, selon le quotidien Les Echos. Cette perte rallonge un peu plus la longue liste des soucis que rencontre EDF depuis plusieurs années.

EDF empêché de redémarrer plusieurs réacteurs. La fin de semaine dernière a été difficile pour EDF. Malgré ses demandes insistantes, l’entreprise a annoncé vendredi ne pas avoir été autorisée par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) à redémarrer plusieurs réacteurs actuellement à l’arrêt. Les installations nucléaires de Bugey 4, Gravelines 2, et Tricastin 1, 3 et 4 vont donc rester inactives jusqu’à la fin décembre.

Voir l’article complet d’Europe 1 – 07/11/2016 : “L’arrêt de ses réacteurs va coûter un milliard d’euros à EDF

Les Echos – 04/11/2016

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Recours de l’Observatoire du nucléaire contre la relance des réacteurs

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La demande d’annulation par l’observatoire du nucléaire du redémarrage des réacteurs nucléaires Dampierre3, Gravelines2 et Tricastin3 a été déclaré recevable par le conseil d’état, et sera examinée le vendredi 13 janvier 2017 à 10h.

Ces réacteurs figurent parmi les 18 devant être contrôlés après la détection d’une concentration excessive en carbone (1) dans l’acier de leurs générateurs de vapeur (2), susceptible de rompre et de causer une catastrophe nucléaire (dans les démonstrations de sûreté la rupture de la cuve ou d’un générateur de vapeur est dite « exclue », ce qui signifie… qu’il ne faut surtout pas qu’elle se produise : il n’y a alors aucune parade possible et c’est la perspective d’une catastrophe qui peut être de la gravité de celles de Tchernobyl et Fukushima.)

Une douzaine de réacteurs sont actuellement arrêtés pour vérifications (3) or, sous la pression d’EDF qui est obligée d’importer de grandes quantités d’électricité, l’ASN autorise de façon irresponsable la remise en marche de ces réacteurs.

Le réacteur Dampierre 3 a été relancé le 21/12/2016, et la remise en service des réacteurs Tricastin 3 et Gravelines 2 avait été annoncée pour le 23/12/2016.
Or l’ASN ne publie pas les autorisations de remise en route, ce qui a pour effet d’empêcher qu’elles soient contestées en justice : de toute évidence, l’ASN protège les intérêts industriels avant la sûreté des citoyens, et bafoue les droits de ces derniers en les empêchant d’exercer les recours qu’ils ont pourtant le droit de lancer.
L’Observatoire du nucléaire, qui veut contester en justice les autorisations de relance des réacteurs, dénonce le jeu de l’ASN et exige la publication des autorisations dès qu’elles sont signées, afin que les recours légitimes puissent être mis en oeuvre.

Article complet de l’observatoire du nucléaire ici
Europe 1 – 23/12/216 : “Redémarrage de réacteurs nucléaires : le Conseil d’Etat saisi d’une demande d’annulation
Le monde – 18/10/2016 : “Un tiers du parc nucléaire d’EDF est à l’arrêt
Réacteur EPR : les graves défauts reconnus en avril 2015 étaient-ils connus avant la pose des cuves à Flamanville et Taishan (Chine) ?

(1) : ce même défaut avait été mis en évidence sur la cuve de l’EPR de Flamanville
(2) : un générateur de vapeur dans un réacteur nucléaire est un échangeur thermique qui produit la vapeur envoyée dans le turbo-alternateur générant l’électricité
(3) : « Ces douze réacteurs sont équipés de générateurs de vapeur forgés au Japon, sur lesquels de premières analyses font état de concentrations en carbone plus élevées que sur les autres » : Olivier Gupta, directeur général de l’ASN.

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Les centrales nucléaires françaises les plus sures du monde, vraiment… ?

Le président de l’autorité de sureté nucléaire (ASN), Pierre Franck Chevet, que l’on peut difficilement taxer d’anti-nucléaire primaire, le dit lui-même : « … quels que soient les efforts pour la sûreté, un accident de type de Fukushima est possible en Europe …».

De la même manière le directeur de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (ISPN), Jacques Repussard, déclarait 3 mois après la catastrophe de Fukushima « qu’il fallait imaginer l’inimaginable ».
Et en France ? Outre la dangerosité propre à ce type de technologie du passé/dépassée, le vieillissement du parc nucléaire français est considéré comme la principale faille en raison de la vétusté et de la dégradation de certains équipements.
Malgré cela, sur les 58 réacteurs nucléaires français (réparties dans 19 centrales), 33 ont déjà plus de 30 ans et Ségolène Royal (ministre de l’environnement, faut-il le rappeler…) s’est prononcée favorablement en février 2016 pour l’extension de leur durée de vie de 40 à 50 ans, et pour un coût de 100 milliards d’Euros (voir rapport de la cour des comptes ici). C’est une décision irresponsable par rapport aux générations qui viennent.
La même Ségolène Royal qui dans son programme pour 2012 s’engageait à réduire la part du nucléaire à 50% en … 2017… : « … Je m’engage à augmenter la part des énergies renouvelables (avec un objectif de 20 % de la production primaire d’énergie en 2020), à réduire la dépendance aux énergies d’origine fossile et à ramener la part de l’électricité d’origine nucléaire à 50 % d’ici 2017… »

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